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L'Union européenne et le Mercosur signent un traité «historique»

L'Union Européenne et le Mercosur signent un traité historique [CHRISTIAN ALVARENGA / GETTY IMAGES SOUTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP]

Les pays sud-américains du Mercosur et l'Union européenne ont signé ce samedi au Paraguay un accord commercial négocié depuis 27 ans, qualifié d'"historique", créant ainsi l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde.

C'est officiel. Négocié depuis 1999, l’accord commercial de libre-échange entre les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne a été ratifié ce samedi au Paraguay, malgré de vives controverses.

Après 27 années de discussions entre l’Union européenne et l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, cet accord "historique" réunit des économies représentant près de 30% du PIB mondial et plus de 700 millions de consommateurs. Longtemps débattu, il a finalement été soutenu par une majorité d’États membres de l’Union européenne, donnant naissance, en dépit de l’opposition de la France, à l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde.

"Nous optons pour un commerce juste"

Malgré de nombreuses manifestations contre ce traité dans plusieurs pays membres de l’Union européenne, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a maintenu que "nous optons pour un commerce juste plutôt que des droits de douane" et "pour un partenariat productif à long terme plutôt que l’isolement", avant la signature.

De son côté, le président paraguayen, Santiago Peña, voit cet accord comme "un signal fort en faveur du commerce international" dans un climat de "tensions". Il assure par ailleurs la présidence tournante du Mercosur.

Un accord controversé

Deux camps se dégagent autour de ce traité de libre-échange. Pour ses partisans, cet accord entre l’Union européenne et le Mercosur permettrait de relancer une économie européenne en difficulté. Il jouerait également un rôle d’apaisement, visant à réparer des relations diplomatiques fragilisées avec l’Amérique latine.

À l’inverse, ses détracteurs craignent qu’il ne bouleverse l’agriculture européenne en favorisant l’arrivée de produits moins chers, pas toujours conformes aux normes de l’Union européenne, faute de contrôles suffisants. De ce fait, le traité s’est heurté à la résistance des agriculteurs et des éleveurs dans plusieurs pays européens. Ainsi, la Pologne, la France, l’Irlande et la Belgique s’y sont opposées.

Un rassemblement mardi devant le Parlement européen à Strasbourg

Face aux nombreuses mobilisations et manifestations, la Commission européenne a élaboré, ces derniers mois, une série de concessions et de clauses afin d’apaiser la colère du secteur agricole. Parmi ces mesures, la Commission entend notamment mettre en place des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.

Un grand rassemblement est prévu mardi devant le siège du Parlement européen à Strasbourg, qui dispose encore de quelques mois avant de se prononcer sur le traité. Outre-Atlantique, certains acteurs d’Amérique du Sud se montrent également méfiants quant aux effets de l’accord sur les entreprises industrielles locales. En Argentine, par exemple, l’impact de ce traité sur l’industrie automobile pourrait se traduire par la perte de quelque 200.000 emplois, selon certaines estimations.