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«Comptez sur nous pour ne pas lâcher» : avant la signature du traité avec le Mercosur ce samedi, les agriculteurs français entre résignation et combativité

Les agriculteurs ont poursuivi leur mobilisation cette semaine, à travers la France. [Bernard BARRON / AFP]

L'accord de libre-échange tant décrié entre l'Union européenne et le Mercosur doit être signé ce samedi, au Paraguay, sous la présidence d'Ursula von der Leyen. Face à un texte qui va les mettre en difficulté, les agriculteurs ont du mal à cacher leur inquiétude, même s'ils veulent poursuivre le combat.

Les agriculteurs ne se voilent pas la face. À la veille de la signature du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, les paysans français savent qu'il ne s'agit pas d'une bonne nouvelle. En effet, ils craignent l'afflux massif sur les marchés européens de denrées agricoles produites selon des normes bien inférieures à celles en vigueur en Europe, et notamment en France.

Alors, à quoi bon continuer le combat ? Certains comme Florent Chipier, arboriculteur et brasseur à Chabanière (Rhône), sont résignés.

Un pessimisme ambiant

"Je suis très pessimiste : le traité du Mercosur va passer et certaines filières risquent de disparaître au rythme actuel. Nous, on dit une seule chose : 'OK, on ouvre les portes au Mercosur, mais laissez-nous travailler comme les autres, au moins comme nos voisins européens, avec les mêmes produits et les mêmes normes.' On demande juste ça, maintenant", assure-t-il.

D'autres estiment que malgré la ratification du traité, rien n'est perdu. Ou plutôt que tout est encore jouable. C'est le cas de Jean-Luc Perrin, éleveur de bovins et président de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FDSEA) de la Loire.

"On va se battre jusqu'à la dernière minute, la dernière seconde. Et notamment, on vise la saisie de la Cour de Justice européenne. Mardi, les eurodéputés vont voter pour ou contre la saisie de la Cour de Justice européenne. Et c'est pour cela qu'on va aller à Strasbourg, mardi, pour mettre la pression sur les eurodéputés afin qu'ils votent la saisie de cette cour", annonce-t-il avec pugnacité.

"Comptez sur nous pour ne pas lâcher"

Toutefois, le représentant agricole ne se fait pas d'illusions sur l'issue de ce vote. "Ça ne va pas forcément anéantir le Mercosur. Mais ça peut l'arrêter pendant 18 mois. Et, dans ce laps de temps, on pourra continuer à se battre pour s'opposer à ce Mercosur. Comptez sur nous pour ne pas lâcher", conclut-il.

L'heure est donc toujours au combat mais également à l'union des agriculteurs à travers l'Europe. Une situation qui sera bien visible, mardi, avec cette nouvelle mobilisation.