Deux jours avant la signature du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, prévue le 17 janvier 2026, les agriculteurs ne décolèrent pas.
S'ils ont levé plusieurs barrages mercredi 14 janvier, les agriculteurs restent mobilisés, notamment ce 15 janvier dans les Landes. Une quinzaine de ponts devraient être entravés à Rouen, mais aussi plus loin autour de Lyon.
Ce mercredi, en Bretagne, ils ont organisé une opération spontanée de fouille de camions frigorifiques. 21 tonnes de poulets brésiliens ont été dénichées à destination d’une coopérative française, conditionnés pour devenir un cordon bleu d’une célèbre marque française.
"J'aurais presque dit que c’est de la dinde tellement les poulets ont été poussés"
En vidant le camion frigorifique, ces éleveurs bretons se disaient dégoûtés. "C'est de la merde en vrac, bourré aux hormones. Donc le bien-être animal, là, vous l'oubliez dans ce type d'élevage. Vu la taille des morceaux, j'aurais presque dit que c’est de la dinde tellement les poulets ont été poussés", estime un agriculteur.
Choqué, le président des Jeunes Agriculteurs d’Ille-et-Vilaine, Antonin Jouquan, a demandé des comptes à la coopérative destinataire du poulet brésilien.
"Bon, leurs positions sont claires : ils n'ont pas assez de volume aujourd'hui en France pour satisfaire leur petit marché du pas cher et de mauvaise qualité. Ils l'assument pleinement en disant qu'ils gagnent de l'argent à faire ça. Donc on est en train de détruire une filière aujourd'hui en France sur la volaille", juge-t-il.
En pleine mobilisation contre le Mercosur, les agriculteurs désabusés sont allés déverser ces tonnes de viande devant les locaux de la coopérative.