Pour lutter contre les incivilités des mineurs, la mairie de Strasbourg met en place un dispositif de "rappel à l’ordre". Ces jeunes seront convoqués avec leurs parents, même s’il n’y aura pas de sanction juridique. Une mesure pleine de bon sens selon les Strasbourgeois rencontrés, qui était attendue depuis longtemps.
Détériorations des équipements publics, impolitesses… Certains enfants ou adolescents peuvent parfois gâcher le quotidien des habitants. Pour lutter contre les incivilités des mineurs, la mairie écologiste de Strasbourg (Bas-Rhin) instaure un "rappel à l’ordre".
Ces jeunes seront convoqués avec leurs parents par la maire ou un adjoint et sermonnés de manière très solennelle. Ce dispositif, qui n’a aucune valeur juridique, a pour objectif d’éviter à ces mineurs de "basculer dans la délinquance plus radicale". Une mesure bien accueillie par les Strasbourgeois mais qui arrive peut-être un peu tard.
Ils ont "13 ans, 12 ans déjà, même moins !"
Dans la rue, les transports en commun ou les piscines, les comportements de certains jeunes peuvent pourrir la vie des Strasbourgeois. "Oui oui, souvent, surtout les très jeunes", confirme Christiane, retraitée. Ils ont "13 ans, 12 ans déjà, même moins !" affirme-t-elle, donnant l’exemple de ces adolescents qui ne cèdent par leur place dans les bus.
Le problème, c’est qu’il n’y a "pas de réponse", estime Jean, "alors ils continuent. Et les adultes osent de moins en moins réagir" soupire-t-il. "Mais c’est la faute des parents", tient à ajouter Alain. "C’est que les enfants sont mal éduqués".
Des incivilités quotidiennes dans les transports
La plupart des Strasbourgeois rencontrés citent les mauvais comportements dans les transports en commun. "Des incivilités, parfois de mineurs, on en a tous les jours", confirme Stéphane Daveluy, conducteur de bus et délégué syndical UNSA pour la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS).
"C’est parler fort, c’est mettre de la musique, c’est interpeller le conducteur. Ils se sentent impunis et se permettent de dépasser les limites", regrette-t-il.
"Il est temps !"
Stéphane Daveluy salue donc ce dispositif de "rappel à l’ordre" instauré par la mairie de Strasbourg, même s’il n’a aucune valeur juridique. Mais il regrette qu’il n’arrive que maintenant. "Au milieu des années 1990, début 2000, on a déjà vu une proportion de la délinquance des mineurs augmenter donc oui, il est temps !", lance-t-il. "Effectivement cela arrive peut-être un peu tard mais mieux vaut que tard que jamais !", conclut le délégué syndical.
En un an, les incivilités dans les transports ont grimpé de 15% selon les chiffres de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS).