L'Assemblée nationale examine, ce mercredi, deux motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Invité de La Grande interview Cnews-Europe 1, le président des Républicains Bruno Retailleau annonce que son parti ne censurera pas l'exécutif, car Emmanuel Macron "a voté contre" le Mercosur.
À quelques jours de la signature du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, le Rassemblement national et La France insoumise ont chacun déposé une motion de censure, accusant le gouvernement de ne pas avoir porté la voix des agriculteurs.
De leur côté, les Républicains ne voteront pas la censure, estimant qu'Emmanuel Macron a honoré sa parole en votant contre le texte européen. "La motion de censure en France, ça n'apporte rien du tout", a soutenu Bruno Retailleau, chef de file des LR, dans La Grande interview Europe 1-Cnews.
"C'est devenu l'Europe des autres"
"C'est désormais au Parlement européen que cela va se jouer. Moi je considère qu'Ursula von der Leyen et la Commission européenne ont trahi les agriculteurs. On n'a cessé de leur imposer des normes et désormais, on voudrait importer de ces pays-là les molécules, les pratiques, les antibiotiques pour faire grossir les bovins, qu'on interdit en France", a vivement critiqué Bruno Retailleau.
Selon l'ancien ministre de l'Intérieur, l'adoption du Mercosur signifie "le dévoiement total de l'Europe". "Jadis, on parlait de préférence européenne, désormais, c'est la préférence étrangère. Ce n'est plus l'Europe européenne, c'est l'Europe des autres, l'Europe pour les éleveurs brésiliens et pas les éleveurs vendéens."
Bruno Retailleau a également soutenu que la France était "terriblement affaiblie" au sein de l'Union européenne, car elle a "trahi toutes ses promesses sur le plan budgétaire". "Un État qui ne tient pas ses comptes est un État qui n'a plus de voix, qui ne tient pas son rang", a-t-il conclu.