La justice sud-coréenne a requis la peine de mort contre l’ex-président Yoon Suk-yeol, jugé pour une tentative d’instauration de la loi martiale en décembre 2024. Le parquet évoque une insurrection visant à instaurer une dictature. Le verdict est attendu le 19 février 2026, selon les autorités locales.
Le parquet sud-coréen a requis ce mardi 13 janvier la peine de mort contre Yoon Suk-yeol. L'ancien président est poursuivi pour avoir tenté d’imposer la loi martiale en décembre 2024, une initiative qui avait provoqué un choc politique majeur en Corée du Sud.
Les procureurs accusent l'ex-chef de l’État conservateur d'avoir mené une "insurrection" guidée par une "soif de pouvoir visant à instaurer une dictature". Ils estiment qu’il n’a exprimé "aucun remord" pour des actes menaçant "l'ordre constitutionnel et la démocratie".
Selon l'accusation, "aucune circonstance atténuante ne saurait être retenue" et "une sanction sévère s’impose". La peine capitale reste inscrite dans la loi sud-coréenne, même si aucune exécution n'a eu lieu depuis 1997.
Un verdict attendu en février 2026
L'audience finale du procès principal s'est ouverte ce mardi à Séoul. Yoon Suk-yeol doit y prononcer une dernière déclaration avant la mise en délibéré. Le verdict est attendu le 19 février 2026, selon l'agence de presse Yonhap.
Le 3 décembre 2024, Yoon Suk-yeol avait annoncé à la télévision l'instauration de la loi martiale, envoyant des troupes au Parlement. Quelques heures plus tard, il faisait marche arrière après le vote des députés, parvenus à se réunir malgré l'encerclement militaire.
Arrestation et chute politique
Procureur de carrière, Yoon Suk-yeol est jugé depuis février 2025 aux côtés de sept autres accusés, dont son ex-ministre de la Défense et l’ancien chef de la police. En janvier 2025, il était devenu le premier président sud-coréen en exercice à être arrêté, après s'être retranché durant des semaines dans sa résidence.
Officiellement destitué en avril 2025 par la Cour constitutionnelle, il avait justifié la loi martiale par le blocage du budget par un Parlement dominé par l'opposition, affirmant vouloir protéger le pays des "forces communistes nord-coréennes" et "éliminer les éléments hostiles à l'État".
Libéré en mars pour vice de procédure puis de nouveau incarcéré en juillet, Yoon Suk-yeol risque de devenir le troisième ex-président sud-coréen condamné pour insurrection, après Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo pour le coup d'État de 1979.