Convoquée par Emmanuel Macron après les débordements du week-end dernier, la réunion des partis politiques à Matignon, présidée ce jeudi par Sébastien Lecornu, peine à convaincre. Entre absences annoncées, critiques acerbes et menaces de perturbation, l’initiative illustre les difficultés de l’exécutif à rassembler la classe politique.
Sébastien Lecornu préside ce jeudi une réunion à Matignon avec les représentants des partis politiques. Une réunion convoquée à la demande d’Emmanuel Macron pour rappeler aux formations politiques leur responsabilité face aux débordements du week-end dernier.
Mais l’événement divise avant même sa tenue. Plusieurs chefs de partis ont ainsi décidé de ne pas s’y rendre et de s’y faire représenter. Avec ce type de réunion, l’exécutif avait l’habitude de s’élever au-dessus du jeu politique, mais l’exercice montre cette fois ses limites.
"On commence à se lasser du procédé"
Depuis les rencontres de Saint-Denis en 2023, Emmanuel Macron a déjà convié à quatre reprises les partis politiques à l’Élysée : sur Israël, l’Ukraine, les ingérences étrangères ou encore la crise énergétique. Chaque fois, le président y a vu un moyen d’apparaître comme un rassembleur, soucieux de l’intérêt général du pays.
Cette fois, le chef de l’État a confié cette mission à Sébastien Lecornu, mais l’invitation fait flop. "À chaque fois qu’il est en difficulté, le gouvernement fait une réunion. C’est vrai qu’on commence à se lasser du procédé", a taclé Marine Le Pen, qui se fera représenter.
"Ces messes ne servent pas à grand-chose"
Même décision pour Éric Ciotti. "Ces messes ne servent pas à grand-chose. J’ai l’habitude de ces discours où celui qui les tient s’écoute parler, et ça s’arrête à ça", a déploré le président du groupe UDR.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon maintient le suspense sur sa présence, mais promet d’ores et déjà de perturber la réunion en s’adressant directement à Sébastien Lecornu devant ses militants. "On va y aller et on va te pourrir ta réunion. On vient pour poser une question sur les revendications. Quand est-ce que vous allez répondre aux revendications des lycéens, des étudiants et des travailleurs ?", a-t-il assuré.
Autant de signes d’une perte d’autorité du couple exécutif, à moins de six mois de l’élection présidentielle.