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«On a été débordés» : ce policier explique comment la mairie de Limoges a été incendiée le 17 octobre

[Christophe Noisette / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Quelques jours après l'incendie de la mairie de Limoges lors des manifestations contre la vie chère, un policier mobilisé le samedi 17 octobre raconte à Europe 1 cette journée qui aurait pu tourner au drame selon lui. 

C'est peut-être l'image la plus marquante de ce week-end d'émeutes. Ce samedi, la mairie de Limoges a été détruite par un incendie déclenché en marge des manifestations contre la vie chère. 

Un acte délibéré qui montre la détermination des émeutiers et de certains manifestants d'ultra-gauche venus pour affronter les forces de l'ordre et détruire. Laurent Nadeau du syndicat de police Alliance, a suivi minute par minute le déroulé de cette journée dans la préfecture. 

Tout a commencé quartier des Casseaux, à 20 minutes de la mairie. "Aux Casseaux, il y avait 40 fonctionnaires de police. Or, devant eux, il y avait entre 600 et 800 personnes d'ultra-gauche. On fait face à groupes paramilitaires, armés de pavés, cailloux, mortiers, tous cagoulés, tous habillés pareil. Ils savent se déplacer, comment nous faire avancer, nous faire reculer, ils ont des techniques. Donc, on a été débordés", reconnaît-il au micro d'Europe 1. 

"Le pire a été évité"

Face à la situation, les policiers ont eu recours à leurs grenades lacrymogènes. "Mais, on s'est retrouvés sans grenades à un moment. Et le temps qu'on soit ravitaillés, ça bien pris une heure ou une heure et demie, donc ils ont profité pour mettre le feu à la mairie", poursuit le policier. 

Pendant que la mairie brûle, 30 policiers en repos sont appelés en urgence. Mais le mal est fait. "On a réussi à monter à 70 policiers mobilisés. Mais la mairie était déjà en feu. Le pire a été évité mais tous mes collègues se sont vus mourir pour la première fois", assure Laurent Nadeau. "C'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de morts dans nos rangs", insiste-t-il. 

Désormais, le secrétaire Laurent Nadeau du syndicat de police Alliance met en garde. "Si demain, on nous donne pas les moyens de faire face aux émeutiers, on n'y arrivera pas. Et si la police nationale n'est pas là, le pire est à venir", insiste-t-il, alors qu'un acte II est prévu samedi prochain.