Suppressions de postes chez Altice France : "Ce sera significatif", annonce Alain Weill

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Alain Weill
Alain Weill, le PDG d'Altice France était l'invité de "Culture Médias" mercredi 20 mai 2020. © Europe 1
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Altice (BFM TV, RMC...) va lancer un grand plan d’économies pour les mois à venir, qui annonce de nombreuses suppressions de postes parmi les 1.600 salariés du pôle qui regroupe les médias. Alain Weill, le PDG d'Altice France, admet mercredi sur Europe 1 que le nombre des suppressions de postes "sera significatif".
INTERVIEW

Altice France, qui regroupe les télévisions BFM et la radio RMC pour son pôle médias, a annoncé un plan de "transformation et de reconquête". Le groupe va diviser par deux le recours aux intermittents, aux pigistes et aux consultants. Et ensuite proposer à ses 1.600 salariés un plan de départ volontaire. Concernant les suppressions de postes, "ce sera à la hauteur des enjeux, donc ce sera significatif, et pour les intermittents, et pour les pigistes qui travaillent pour le groupe. Et ce sera sans doute significatif pour l'ensemble des personnels", selon Alain Weill, le PDG d'Altice France, invité de "Culture médias" mercredi.

Éviter les licenciements

Sur les 1.600 employés du pôle médias d'Altice France, 1.300 sont en CDI, le reste rassemble pigistes, intermittents et autres personnels. L'impact du plan d'économies du groupe sur l'emploi est donc la préoccupation majeure des salariés. "On va en discuter avec les représentants du personnel dans les jours qui viennent", explique Alain Weill. Le nombre de suppressions de postes envisagées "leur sera donné en priorité. On veut aussi discuter avec eux et voir les adaptations possibles avant de communiquer sur un chiffre précis que nous ne connaissons pas aujourd'hui", assure-t-il.

Le groupe souhaite "privilégier" le volontariat pour les départs. "J'espère qu'il y aura suffisamment de volontaires pour ne pas avoir recours à des mesures de licenciement plus traditionnelles", affirme Alain Weill. Altice France n'envisage semble-t-il pas de cibler les plus hauts salaires. "Ce n'est pas le sujet", tranche le PDG. 

Une crise structurelle

S'il reconnait "un mois terrible" en raison de l'effondrement des recettes publicitaires, Alain Weill assure que la crise que traverse Altice France n'est pas seulement liée au coronavirus mais qu'elle résulte d'une "crise structurelle pour le secteur de la télévision et de la radio". "Le phénomène de la révolution digitale touche aussi le secteur de la télévision avec les plateformes comme Netflix et Disney +. Donc avant la crise, on avait déjà vu que les recettes publicitaires du secteur de la télévision baissaient", détaille-t-il. Paradoxalement, BFM TV a réalisé de très bon scores ces derniers moins avec 4,1% de part d'audience en mars, 3,4% en avril, alors que score habituel se situe autour de 2,5%.

Le PDG d'Altice France assure que le plan d'économies mis en place par le groupe est nécessaire : "C'est difficile pour les collaborateurs qui seront amenés à quitter l'entreprise dans quelques semaines ou quelques mois mais si on ne le fait pas, on mettrait en danger toute l'entreprise."

Les cas de Libération et de RMC sport News

Le 11 mai, Altice France annonçait aux salariés du quotidien Libération, qui lui appartenait jusqu'à présent, que le journal allait quitter le groupe Altice pour devenir une société à but non lucratif. Une décision unilatérale et inattendue qui inquiète les salariés. Le groupe a également annoncé récemment l’arrêt de la chaîne RMC sport News.

Pourtant, depuis 20 ans, le groupe n’a cessé d’être en croissance : les audiences des radios et des chaînes de télés ont toujours progressé. Alain Weill s’est montré agressif sur le marché, il a étendu son pouvoir d’influence, acheté des chaînes, mis un milliard d’euros pour acheter des droits du foot, et recruté beaucoup de monde depuis ses débuts. Les effectifs ont ainsi augmenté de 50% au cours des six dernières années. Le plan annoncé signe donc la première crise sociale et économique pour les équipes d’Alain Weill.

Europe 1
Par Céline Brégand