Camélia Jordana : "Je ne suis pas contre la police, je suis contre la mauvaise police"

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Devenue fer de lance du mouvement contre le racisme et les violences policières en France, la chanteuse et actrice Camélia Jordana, invitée lundi de Pascale Clark dans le Culture-Média, sur Europe 1, a expliqué son combat.
INTERVIEW

Camélia Jordana est devenue l'un des symboles en France de la lutte contre le racisme et les violences policières, mise en lumière depuis la mort de George Floyd. En pleine préparation de son nouvel album prévu pour l'automne, elle sera aussi à l'affiche du film de Frédéric Farruci, La nuit venue. Invitée lundi de Pascale Clark dans Culture-Médias sur Europe 1, la jeune femme de 27 ans a évoqué son engagement dont "toute [sa] génération a pris conscience".

Sa première prise de parole retentissante remonte au 23 mai dernier lorsqu'elle avait affirmé sur le plateau d'On n'est pas couché, sur France 2, que "des milliers de personnes ne se sentent pas en sécurité face à un flic". Des propos qui n'ont pas manqué de faire polémique, jugés "mensongers et honteux" par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Cela n'a pas empêché Camélia Jordana, le 9 juin dernier, de participer au rassemblement place de la République, à Paris, en hommage à George Floyd et de chanter We Shall Overcome, un classique du gospel américain.

"Ma voix est une arme citoyenne", assure Camélia Jordana

Interrogée par Pascale Clark dans Culture-Medias sur Europe 1, Camélia Jordana le répète : "Ma voix est une arme citoyenne". Pour la chanteuse, il existe encore des "milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic". Elle rappelle qu'elle aussi en fait partie. "Je ne suis pas contre la police, je suis contre la mauvaise police et il y en a vraiment une", a-t-elle aussi souligné.

Un combat non sans répercussions pour l'artiste, qui assure néanmoins être hermétique aux attaques. "Quand il y a une parole qui est dite, il y a forcément des choses qui ne plaisent pas. Si au passage ça permet à certaines personnes de s'éduquer, de se poser la question de leur positionnement face à cela, s'il y a une prise de conscience et que ça ouvre le débat, moi je suis ravi, j'ai gagné !", s'est-elle réjouie avant de citer l'écrivain Georges Simenon : "Il disait : 'Je préfère être critiquée pour ce que je suis, plutôt que vous m'aimiez pour ce que je ne suis pas'. Je n'ai pas mieux."

"Je dis ce que je pense et je l'ouvre dans la vie"

A propos de Christophe Castaner, même crédo, elle ne se défile pas devant le ministre de l'Intérieur. "Je dis ce que je pense et je l'ouvre dans la vie. Je ne comprends pas trop pourquoi je ne devrais pas le faire devant des caméras. Quand la réponse à mes propos est qu'ils sont haineux et mensongers, ce qui m'attriste, c'est que c'est la réponse que l'on donne aux milliers de personnes dont je parle", tonne-t-elle. Avant de conclure sur une note positive : "Tout le monde défend les causes des un et des autres et dans une ou deux générations a priori, ce sera un peu plus doux."

Europe 1
Par Baptiste Denis