Yémen : le prince héritier saoudien visé par une plainte pour "complicité de torture"

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Le prince héritier ben Salmane est aussi le ministre de la Défense du royaume wahhabite.
Le prince héritier ben Salmane est aussi le ministre de la Défense du royaume wahhabite. © TOLGA AKMEN / AFP
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Une plainte a été déposée à Paris, accusant le prince héritier saoudien, en visite en France, de complicité d'actes de torture dans la guerre au Yémen. 

Une plainte a été déposée à Paris pour "complicité de torture" contre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane par une ONG qui accuse son armée d'avoir "sciemment attaqué des cibles civiles" au Yémen, ont fait savoir mardi les avocats de l'association. L'ONG yéménite Legal Center for Rights and Development a déposé lundi une plainte avec constitution de partie civile, au pôle du tribunal de grande instance de Paris spécialisé dans les crimes de guerre, contre Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense et qui achève mardi une visite officielle de trois jours en France.

Immunité diplomatique. Cette plainte, révélée par France Inter et L'Express et dont l'AFP a eu connaissance, a toutefois peu de chances d'aboutir car Mohammed ben Salmane bénéficie d'une immunité diplomatique qui lui permet notamment d'échapper à des poursuites judiciaires à l'étranger. Dans cette plainte, l'ONG déplore "la mort de nombreux civils notamment par le bombardement de résidences, de marchés, d'hôpitaux, de commerces et d'écoles" lors de frappes aériennes effectuées par la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite qui opère au Yémen depuis mars 2015, où la guerre a fait près de 10.000 morts depuis 2015. 

"Actes de torture". Selon les avocats Joseph Breham et Hakim Chergui, "ces attaques indiscriminées sont constitutives d'actes de torture". Pour eux, Paris a ratifié la Convention contre la torture et est donc compétente pour enquêter sur toute personne accusée de ce type d'infractions à partir du moment où celle-ci se trouve en France. "Nous tentons d'aller vers un Yémen stable qui ait un gouvernement qui fonctionne, qui puisse fournir des services à son peuple, et nous sommes prêts à les soutenir. Cette idée de plainte est ridicule", a réagi mardi le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir lors d'une conférence de presse à Paris.