Xi Jinping reçu par Macron : "les Européens doivent devenir acteurs" de la compétition entre la Chine et les Etats-Unis

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Invité lundi de la matinale d'Europe 1, le président de l'Ifri Thierry de Montbrial estime que l'Europe doit "devenir maîtresse de son propre destin", alors que les appétits chinois divisent sur le vieux continent, où le pays de Xi Jinping se livre à une féroce compétition avec les Etats-Unis. 

Alors que l'Europe se divise face à l'offensive commerciale et diplomatique de Pekin, Emmanuel Macron a accueilli dimanche le président chinois Xi Jinping, et appelé à "renforcer notre partenariat stratégique et affirmer le rôle de la France, de l'Europe et de la Chine en faveur d'un multilatéralisme fort". Un objectif que partage Thierry de Montbrial, président fondateur de l'Institut français des relations internationales (Ifri), invité lundi de Nikos Aliagas sur Europe 1. Selon lui, "les Européens doivent devenir acteurs, et pas seulement voyeurs ou proies" dans la compétition que se livrent la Chine et les Etats-Unis sur le vieux continent. 

"Tour le monde joue sur les divisions de l'Europe". "Les Etats Unis et la Chine livrent bataille partout dans le monde, en particulier en Europe", note le chercheur. Pékin, notamment, "cherche à prendre position dans le maillon faible de l'Europe, sa partie orientale, les anciens pays communistes (...) C'est dans cette partie orientale que va se jouer cette compétition" avec Washington, qui lorgne notamment sur la Pologne. Car, rappelle, Thierry de Montbrial, "tout le monde joue sur les divisions de l'Europe". 

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L'Europe se divise notamment autour du projet de "nouvelle route de la soie" promis par le président chinois. L'annonce de la participation de l'Italie à ce pharaonique projet d'infrastructures maritimes et terrestres - via un protocole d'accord "non contraignant", selon le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte - a ainsi été fraîchement accueillie par certains partenaires européens.

Macron "peut rapprocher" les Européens. Alors qu'Emmanuel Macron doit accueillir mardi la chancelière Allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, et souhaite une politique européenne commune, le président de l'Ifri "doute" que le président français puisse unir les Européens face à la Chine. Mais, note-t-il, il peut "rapprocher", car il y a du "progrès. "Les Allemands eux-mêmes ont pris conscience des risques des investissements chinois et parlent de protéger leurs industries et donc aussi les nôtres".

Les Etats-Unis de Donald Trump "se distancient de nous", estime en revanche Thierry de Montbrial. "L'alliance atlantique est aujourd'hui en péril, et nous devons nous préparer à cette situation qui va dominer les décennies prochaines", explique-t-il, rappelant l'objectif de la Chine d'être la première puissance mondiale d'ici 2049 et le centième anniversaire de la victoire de Mao". C'est pourquoi "il est essentiel pour l'Europe de devenir plus maîtresse de son propre destin, d'être plus unie, de raisonner stratégiquement, d'avoir une vision globale". Or, conclut le chercheur, "on est encore assez loin du compte". 

Europe 1
Par Antoine Terrel