Union européenne : pourquoi les négociations sur le plan de relance patinent

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Emmanuel Macron et Angela Merkel tentent de convaincre le néerlandais Mark Rutte d'accepter le plan de relance. 1:18
Emmanuel Macron et Angela Merkel tentent de convaincre le néerlandais Mark Rutte d'accepter le plan de relance. © FRANCISCO SECO / POOL / AFP
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Après deux journées de discussions, les 27 dirigeants européens ne sont pas parvenus à un accord sur le plan de relance post-coronavirus, et l'absence d'avancée des discussions a poussé Angela Merkel et Emmanuel Macron à claquer la porte d'une réunion. 

Au troisième jour de négociations, les discussions restent compliquées à Bruxelles. Deux jours après le début du sommet, les 27 dirigeants européens doivent se retrouver à nouveau dimanche afin de surmonter leurs profondes divergences sur le plan de relance de l'UE lié à la crise du coronavirus. Mais alors que les pays dits "frugaux" ont jusqu'à présent bloqué l'adoption de ce plan, l'ambiance s'est tendue dans la soirée de samedi, et Emmanuel Macron et Angela Merkel ont claqué la porte d’une réunion. 

Depuis vendredi, les Pays-Bas et leurs alliés "frugaux" résistent aux appels de l'Allemagne et de la France, les deux poids lourds de l'Union, à accepter un plan qui bénéficierait aux pays les plus touchés par la pandémie, l'Espagne et l'Italie en tête. Sur la table des négociations, un fonds constitué par une capacité d'emprunt de 750 milliards d'euros pour relancer l'économie européenne mise à terre par la pandémie, adossé au budget à long terme de l'UE (2021-2027) de 1.074 milliards d'euros. L'unanimité des 27 Etats membres étant requise, un compromis est particulièrement difficile.

Un peu avant une heure du matin, la plupart des dirigeants étaient déjà partis se coucher. Mais la chancelière allemande, le président français, et le président du Conseil européen eux étaient restés pour un face-à-face avec les Premiers ministres des Pays-Bas, de la Suède, du Danemark, de l’Autriche et de la Finlande, qui cherchent toujours à réduire au maximum l’ambition du plan. Et après plus de 48 heures de négociations, ils ont obtenu des concessions, qui n'ont toutefois pas réussi à les adoucir. Ils exigent encore des coupes inacceptables pour le couple franco-allemand. "Cette réunion a été très dure", ont indiqué à l'AFP deux sources européennes. 

Une explication musclée entre Macron, Merkel, et Mark Rutte

Face à cette situation, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont donc décidé de jouer la dramatisation, et sont rentrés à leur hôtel plutôt que de continuer à discuter. Déjà, en début de soirée, ils avaient eu une première explication musclée avec le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, le plus raide de tous. Mais sans résultat concret.

A son arrivée dimanche matin le président français a répété qu'il ne voudrait pas d'un compromis à tout prix. "Depuis deux jours et deux nuits nous avons montré notre volonté de trouver des compromis, d’avancer. Je pense que c’est encore possible. Mais ces compromis ne se feront pas, je le dis clairement, au prix de l’ambition européenne."

Angela Merkel s'est de son côté montrée encore plus pessimiste : "Il y a beaucoup de bonne volonté, mais il y a aussi des positions très différentes. Je vais faire ma part, mais il est possible qu’il n’y ait pas d’accord aujourd’hui."

Europe 1
Par Isabelle Ory avec AFP, édité par Antoine Terrel