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Nicolas Tonev (à Kiev), édité par Gauthier Delomez , modifié à
La capitale de l'Ukraine, Kiev, est toujours sous la menace de l'armée russe, et les missiles antiaériens se multiplient dans le ciel de la ville. L'envoyé spécial d'Europe 1 Nicolas Tonev a rencontré des habitants qui essayent de s'habituer à l'enfer de cette vie, rythmée par les bruits des explosions.
REPORTAGE

La normalité, puis une détonation et les alarmes voitures à s'en remettre. Chaque jour, des bombes, des obus, mais surtout des missiles russes, ou ce qu’il en reste après interceptions par la défense anti-aérienne retombent sur Kiev, la capitale de l'Ukraine, et principalement sur les quartiers ouest de la ville les plus proches du front. Roquettes, missiles anti-aériens ukrainiens contre missiles arrivant des positions russes : cet affrontement en plein ciel entre engins de destructions conduit en particulier l’extrémité du quartier de Vinogradar, située aux frontières de la capitale, à sept kilomètres du front d’Irpin, à vivre dans un vacarme permanent de déflagrations.

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La trajectoire d'un missile antiaérien au-dessus de Kiev.
Crédits : Nicolas Tonev/Europe 1

L'habitude des bruits des explosions

Dans ce quartier, l'impassible jardinière, Larissa, commence à s'habituer. "Et oui, le bruit de la paix et celui de la guerre, c'est horrible bien sûr, mais que faire ?", demande-t-elle au micro de Nicolas Tonev, envoyé spécial d'Europe 1 en Ukraine. Que faire ? Larissa le sait : elle continue de travailler avec Irina et Sveta. "C'est important d'enlever les feuilles, ça doit rester propre", avance la première. "On a déjà décidé de faire un banquet pour la victoire ici, alors ça doit être propre", enchaîne la seconde, tandis que Larissa assène : "On respecte nos traditions."

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Crédits : Nicolas Tonev/Europe 1

Nicolas Tonev explique que 22 minutes et 15 secondes d'enregistrement ont suffi pour que le micro saisisse toutes les déflagrations pour réaliser ce reportage. Celui-ci montre une idée du harcèlement sonore entraîné par les départs des missiles, les explosions en plein ciel et plus rarement au sol.

Certains habitants craquent

Plus loin dans le quartier, Rouslan et Lioubov examinent un immeuble touché : "C'est un obus ou un éclat qui a fait ça", explique Rouslan au micro d'Europe 1, qui poursuit : "Avec le temps qui passe, on veut s'habituer, car on veut dormir, on veut manger, on veut vivre !" Son partenaire acquiesce : "Dans la famille, il n'est plus acceptable de dire 'C'est calme' car il suffit de le dire pour que l'immeuble tremble ou je ne sais quoi encore."

Un peu plus loin, Liouba souligne que "ces sons sont intégrés. Ça ne veut pas dire que c'est normal, mais on s'habitue, on est fait comme ça". La vague déferle alors, les habitants les plus fragiles craquent. L'ouest de la capitale ukrainienne a déjà un air de front.