Qui était Bah Ag Moussa, le leader djihadiste tué au Mali par l'armée française ?

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Barkhane Mali opération militaire 1:36
La France revendique la mort d'un haut responsable djihadiste, au Mali. © CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL / AFP
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Bah Ag Moussa, tué au Mali par des membres de la force Barkhane, était considéré comme le "chef opérationnel" du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), l'une des principale forces djihadistes au Sahel. Il était également recherché pour des crimes de guerre.

Vendredi, la France a annoncé la "neutralisation" au Mali d'un cadre de la mouvance djihadiste de la région du Sahel. Bah Ag Moussa était décrit comme le "chef militaire", ou opérationnel, du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), une des principales forces djihadistes du Sahel. Son rôle consister à centraliser l'ensemble des "katibas", les bataillons de combats liés à Al-Qaida, dans la région.

L'opération a été menée par des militaires de la force Barkhane, après une longue période de renseignements, et assurée par un dispositif d'interception composé d'hélicoptères et de troupes au sol, a précisé la ministre des Armées, Florence Parly. Les cinq djihadistes poursuivis, qui avaient ouvert le feux sur la force militaire, ont été tués.

Un ancien colonel de l'armée malienne

Bah Ag Moussa est un ancien colonel de l'armée malienne. D'origine touareg, il a notamment joué un rôle majeur dans les rebellions touareg des années 1990 et 2000. Réintégré dans l'armée en 1996 puis en 2006, il avait fait défection à chaque fois : vers la rébellion la première fois, puis vers les terroristes en 2012.

Il jouissait d'une grande popularité auprès des Touareg, qui le considère davantage comme un leader historique de la contestation de leur communauté. Le communiqué de la ministre précise également que Bah Ag Moussa, dit "Bamoussa" était chargé de la formation des nouvelles recrues et fondateur du groupe jihadiste Ansar Dine.

Un djihadiste réputé pour sa cruauté

Malgré tout, sa cruauté le précède. Le soldat était responsable de plusieurs attaques contre des casernes ou des campements de soldats maliens, dont une en juillet 2016 et l'autre en mars 2019, qui avaient fait plus de 20 morts chacune.

"Bamoussa" était connu pour ne jamais laisser de prisonniers : il faisait systématiquement égorger tous les individus capturés, y compris les blessés. Il était donc recherché pour "crimes de guerre", en plus d'être inscrit en très bonne place sur la liste des terroristes les plus dangereux du Conseil de sécurité des Nations unies.

Europe 1
Par Didier François, édité par Mathilde Durand