Quatrième jour de manifestations à Minneapolis : "On a foutu le bordel en Amérique"

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Les manifestations ont continué dans la nuit de vendredi a samedi aux États-Unis, en réaction à la mort de George Floyd. Europe 1 s'est rendue à Minneapolis, épicentre des émeutes, où les manifestants justifient l'usage de la violence et sont déterminés à réclamer justice. "On en peut pas nous tuer comme des chiens !", explique l'un d'eux.
REPORTAGE

Une barricade de flammes bloque toute l’avenue : il est deux heures du matin samedi, et Minneapolis brûle toujours. Après les manifestations devenues émeutes qui ont commencé quelques heures plus tôt, les ombres des manifestants continuent de danser devant le brasier. La source de leur colère : la mort de George Floyd, un afro-américain d'une quarantaine d'années tué après que l'officier de police de Minneapolis Derek Chauvin se soit agenouillé sur son cou pendant au moins sept minutes, alors qu'il était menotté et allongé face contre terre. 

"On ne peut pas nous tuer comme des chiens"

La vidéo de cet acte, devenue virale, a ravivé les plaies raciales des États-Unis. Vendredi, le policier a été "placé en détention" par la police criminelle américaine, puis inculpé pour homicide involontaire. Mais dans les rues, les manifestants ont continué de crier leur colère. 

À proximité du brasier, certains sont montés dans l’immeuble qui donne sur l'avenue, cassant et jetant le mobilier par les fenêtres pour alimenter le feu. D’autres pillent des magasins. "Quand l’Amérique perd de l’argent, c’est là qu’on arrive à avoir son attention", justifie Charles, un des manifestants, au micro d'Europe 1. "Les Américains, ils se préoccupent plus des choses matérielles que d’une vie humaine", dénonce le jeune afro-américain. "On ne peut pas nous tuer comme des chiens !".

Une vague d'indignation à travers tour le pays

En contrebas de l'avenue de Minneapolis, les policiers n'interviennent pas. Après avoir reculé plusieurs fois plus tôt dans la journée, ils sont désormais chargés de protéger un commissariat... pour éviter qu’il ne brûle, comme celui du troisième district, vendredi. 

Car de cet incendie s'est propagé toute une vague de colère à travers le pays. "On a brûlé un putain de poste de police, et tous les États nous ont suivi", se réjouit Dee. "Los Angeles, le Michigan, la station de CNN attaquée à Atlanta :  on a foutu le bordel en Amérique", conclut-il... prêt à recommencer la nuit prochaine.

Europe 1
Par Xavier Yvon (à Minneapolis), édité par Ariel Guez