Pourquoi l'agence internationale du nucléaire met la pression sur l'Iran

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Le patron de l'AIEA est très insistant avec l'Iran car le pays vient de franchir un pas significatif dans le processus de son enrichissement en uranium.

L'agence internationale de l'énergie atomique hausse le ton. Ce week-end, le patron de l'AIEA s'est rendu en urgence à Téhéran après les nouvelles annonces du président Hassan Rohani. Samedi, ce dernier avait en effet détaillé des initiatives supplémentaires en matière d'enrichissement en uranium, avec l'installation de nouvelles centrifugeuses. En réalité, selon les inspecteurs de l'AIEA, l'Iran va même encore plus loin que ce qui a été annoncé.

Au lieu de 40 centrifugeuses en action, le site de Natanz ferait en réalité tourner 16 machines de plus. Parmi elles, des modèles plus performants que ceux évoqués samedi par le responsable du nucléaire iranien. Le tout, disposé en "cascade" pour améliorer le processus d'enrichissement.

Un pas significatif...et irréversible

Le pays vient donc de franchir un pas significatif et irréversible. Ce que confirme à Europe 1 Hussein Cheikh al-Islam, ancien conseiller du ministre des affaires étrangères. "Nous pouvons facilement revenir en arrière sur nos précédentes décisions. Sur la quantité d'uranium enrichi, on peut dire : 'on en a trop, on le revend'. Pareil sur le niveau d'enrichissement, on peut le réduire." Mais ce n'est pas le cas avec les centrifugeuses. "Cce qu'on va obtenir n'est pas réversible. Nous allons acquérir des connaissances et une certaine technologie."

Autrement dit, selon lui, l'Iran va progresser en la matière. Et de son propre aveu, au moment des négociations sur l'accord de Vienne, c'était bien ce point qui avait donné lieu aux plus intenses discussions. À l'époque, toutes les parties considéraient qu'il s'agissait de l'enjeu le plus sensible et il avait finalement été décidé que l'Iran ne serait autorisé à produire de l'uranium enrichi qu'avec des centrifugeuses de première génération.

Europe 1
Par Jean-Sébastien Soldaïni, envoyé spécial à Téhéran