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Romain David , modifié à
Pour le ministre des Affaires étrangères, interrogé dimanche au micro du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos, Téhéran a choisi la voie de l'escalade face au désengagement américain de l'accord conclu en 2015. 
INTERVIEW

L’Iran s’éloigne de plus en plus de l’accord de 2015 sur le nucléaire. Téhéran a annoncé samedi la mise en route de 40 centrifugeuses avancées de quatrième et sixième génération, qui permettent de produire de l’uranium enrichi, alors que l’Iran n’a le droit, selon l’accord, qu’à des centrifugeuses de première génération. Une manière pour la République islamique de balayer les clauses de l’accord de 2015.

"Les premiers à s’être assis sur l’accord, ce sont les Etats-Unis. Il faut rappeler l’histoire !", a pourtant tenu à souligner dimanche, au micro du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos, Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères.

"Les voies du dialogue restent ouvertes"

"Les accords de Vienne ont été signés par un certain nombre de pays dont les Etats-Unis, qui ont estimé ne plus être engagés par cet accord et ont retiré leur signature", veut-il rappeler. "Ils ont aussi mis en œuvre des mesures de sanctions, [...] qui font que tout acteur faisant des actes commerciaux avec l’Iran est susceptible d’être pénalisé, ce qui fait que tout le monde hésite".

Toutefois, "l’Iran apporte une mauvaise réponse à la mauvaise décision des Américains", ajoute Jean-Yves le Drian. "Le fait de poser des actes de désengagement induit une escalade, et ne met pas en place les dispositions nécessaires pour trouver des accords, mais les voies du dialogue restent ouvertes", assure-t-il. "Il faut que l’Iran renonce à ce type d’actions qui entravent le processus de désescalade que nous voulons mettre en place", estime encore le chef de la diplomatie française, alors que Paris tente de s’imposer comme médiatrice dans ce dossier depuis le G7 de Biarritz.