Panne d'électricité au Venezuela : le travail reprend jeudi mais le pays reste plongé dans la crise

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© YURI CORTEZ / AFP
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Le travail reprendra jeudi au Venezuela après une semaine d'interruption due à la gigantesque panne électrique qui a paralysé le pays.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé le retour aux activités normales, privées et publiques, à partir de jeudi après une semaine de suspension due à la gigantesque panne électrique dont la population et l'économie nationale continuent de payer les conséquences, faisant craindre une crise encore plus profonde. Officiellement le courant a été "rétabli à 100%" a assuré mercredi soir le ministre de l'Information Jorge Rodriguez. Mais il reste intermittent dans plusieurs Etats et insuffisant dans l'ouest du pays.

Principal souci pour les habitants : trouver de l'eau. "Le président Nicolas Maduro a décidé que toutes les activités, privées et publiques, dans l'industrie, les écoles, les services pourront reprendre demain jeudi", a annoncé le ministre en direct à la télévision. Elles avaient été suspendues sur ordre du président au lendemain de la panne survenue le 7 mars à 16h50 locales (00h50 GMT). Malgré le retour progressif de la lumière, le Venezuela a continué mercredi de fonctionner au ralenti y compris dans la capitale où la plupart des banques et des commerces sont restés fermés et les transports publics, déjà déficients en temps normal, suspendus.

Les Vénézuéliens se sentent pourtant loin d'être tirés d'affaire : leur souci principal reste de trouver de l'eau et de longues files se forment partout en ville devant les camions citernes affrétés par les autorités. Le réseau de distribution n'a pas été rétabli, et même à Caracas le rationnement s'impose. La ministre chargée de l'Eau, Evelyen Vásquez, a fait valoir que rétablir le système est "complexe" et prendra encore du temps. "Nous avons relancé les pompes et nous progressons lentement".

Des pertes à 875 millions de dollars. Alors que le pays connaissait déjà des pénuries alimentaires, la panne les aggrave : selon la Fédération nationale des éleveurs (Fedenaga), "tout ceci est en train d'affamer le pays". Le Conseil national du Commerce et des Services (Consecomercio) a par ailleurs appelé les autorités à rétablir l'ordre après les pillages: quelques-uns ont été signalés à Caracas, mais c'est surtout à Maracaibo, la capitale pétrolière (ouest), que le principal centre commercial et "plus de 500 commerces" ont été pillés "en toute impunité".

Ecoanálitica, institut d'analyse économique, évalue à ce stade les pertes "à 875 millions de dollars". L'industrie est paralysée et "pour redresser le pays il faudrait faire appel à un soutien international et au secteur pétrolier", estime le directeur, Asdrúbal Oliveros. Mais ce secteur-clé de l'économie vénézuélienne, plombé par la corruption, est à l'arrêt.

D'où vient la panne ? Reste enfin le mystère de l'origine de la panne. Est-ce une tentative de déstabilisation de la part de l'opposition ou de ses alliés étrangers, comme le soutient l'exécutif, ou le résultat du manque d'investissement dans les réseaux électriques, comme l'assure l'opposition ? Les deux camps s'opposent mutuellement. Le président Nicolas Maduro y voit une attaque "cybernétique" fomentée par le ministère américain de la Défense et l'opposition.