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Nigeria : au moins 25 personnes tuées dans deux attaques djihadistes au nord-est du pays

[Pius Utomi EKPEI / AFP]

Au moins 25 personnes ont été tuées lors d’attaques attribuées à Boko Haram dans l’État d’Adamawa, dans le nord‑est du Nigeria. Des villages ont été pris pour cible par des assaillants arrivés à moto, relançant les inquiétudes face à une violence jihadiste en recrudescence.

Au moins 25 personnes ont été tuées mardi soir dans le nord-est du Nigeria lors d'attaques jihadistes imputées au groupe Boko Haram dans l'État d'Adamawa, a-t-on appris jeudi auprès de sources locales.

La recrudescence des violences perpétrées par des groupes jihadistes et des bandits au Nigeria ces derniers mois a provoqué l'ire des États-Unis, qui ont mené, en coordination avec les autorités nigérianes, des frappes aériennes le jour de Noël dans l'État de Sokoto (nord-ouest) visant des jihadistes.

"J'ai échappé de peu à la mort"

"Des hommes armés que nous pensons être de Boko Haram, circulant sur de nombreuses motos, trois par engin, sont entrés (mardi) à Shiwari (un village dans le district de Kirchinga, à Madagali) et ont attaqué le marché. Ils ont ouvert le feu sur la population et ont tué 21 personnes, tandis que plusieurs autres ont réussi à s'échapper malgré des blessures par balles", a déclaré à l'AFP un responsable du gouvernement local de Madagali, qui souhaite garder l'anonymat.

Les assaillants ont pillé le marché, emportant des denrées alimentaires, du bétail et des motos, a précisé la même source. Des habitants ont également fait état de ces violences. "Hier, j'ai échappé de peu à la mort lors de l'attaque de Boko Haram. Nous avons perdu 18 personnes, toutes originaires de Kirchinga", a témoigné de son côté, Ishaya Musa, un résident.

Dans le gouvernement local voisin de Hong, une autre attaque a été signalée. "Boko Haram nous a attaqués. Après leur départ, nous avons découvert les corps de trois soldats, et une femme a également été tuée. La ville est désormais sécurisée par des forces de sécurité, mais certains d'entre nous ont déjà commencé à la quitter par crainte de ce qui s'est passé", a déclaré à l'AFP, Ezekiel Musa, un résident de Hong.

"Actes de terrorisme lâches"

Yohonna Joseph Inuwa, âgé de 65 ans, indique également avoir vu les cadavres des trois militaires. Contactée par l'AFP, l'armée n'a pas répondu à nos sollicitations dans l'immédiat.

Le gouverneur de l'État d'Adamawa, Ahmadu Umaru Fintiri, a condamné les attaques perpétrées contre des communautés des zones de Madagali et de Hong, sans fournir de bilan officiel, dans un communiqué de son porte-parole Humwashi Wonosikou, mercredi.

Il a qualifié ces violences "d'actes de terrorisme lâches qui ne seront pas tolérés". "J'avertis les auteurs : cessez ces attaques insensées ou vous ferez face à toute la force de notre détermination collective", a-t-il indiqué.

Depuis 2009, la violence jihadiste dans le nord-est du pays menée principalement par Boko Haram et sa faction rivale, l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) a fait plus de 40.000 morts et environ deux millions de déplacés, selon l'ONU.