Après une attaque de djihadistes coordonnée la nuit du 6 avril dans le nord du pays, le bilan s'alourdit. Depuis, 50 morts ont été recensés par les autorités nigérianes et des sources humanitaires. Les djihadistes ont attaqué le village d'Erena et ont tué des chasseurs et des miliciens d'auto-défense locaux.
Le bilan de l'attaque perpétrée mardi 6 avril par des hommes armés dans le nord-ouest du Nigeria s'élève désormais à 50 morts, a appris l'AFP jeudi de sources humanitaires, après un premier bilan faisant état de 20 morts.
Des attaques liées à une double insécurité
Selon un rapport humanitaire consulté par l'AFP jeudi, "50 corps ont été retrouvés". L'attaque a eu lieu mardi dans le village d'Erena, dans la circonscription de Shiroro, dans l'Etat de Niger.
Comme d'autres États du nord du Nigeria, l'État de Niger est confronté à une recrudescence des attaques liées à une double insécurité : d'une part la violence de groupes jihadistes, et d'autre part celle de bandes criminelles, appelées localement "bandits", qui procèdent fréquemment à des attaques contre des villages et des enlèvements massifs contre rançon.
D'après le rapport humanitaire, 34 chasseurs locaux collaborant avec les renseignements nigérians dans la traque de criminels, ainsi que 14 miliciens locaux d'auto-défense et deux civils ont été tués.
"Un nombre important de bandits à moto, trois par véhicule, équipés d'armes sophistiquées", ont mené l'attaque, détaille un rapport militaire consulté par l'AFP mercredi.
La circonscription de Shiroro, bastion des terroristes
Shiroro, une région principalement agricole qui abrite la troisième plus grande centrale hydroélectrique du Nigeria, est devenue ces dernières années un bastion pour bandits et jihadistes qui, malgré les opérations militaires, nouent de plus en plus d'alliances, mènent des raids et provoquent le déplacement des communautés locales.
A Shiroro, ces groupes criminels attaquent aussi des villages où se trouvent des gisements d'or, de tantale, de cuivre ou encore de lithium, forçant les habitants à fuir pour ensuite s'emparer des gisements.
Les bandits possèdent des camps dans une forêt s'étendant sur les États de Zamfara, Katsina, Kaduna, Sokoto, Kebbi, dans le nord-ouest, et de Niger, dans l'ouest, d'où ils lancent leurs attaques.
Face à la recrudescence des attaques ces derniers mois, le président nigérian Bola Tinubu a ordonné le renforcement des effectifs militaires et policiers mais les violences persistent.