Migrants de Sea-Eye : accord pour un débarquement à Malte et une répartition en Europe

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Le navire de Sea-Eye est baptisé Alan Kurdi en mémoire du petit Syrien retrouvé noyé sur une plage turque.
Le navire de Sea-Eye est baptisé Alan Kurdi en mémoire du petit Syrien retrouvé noyé sur une plage turque. © JAIME REINA / AFP
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Un accord pour répartir les 64 migrants bloqués depuis dix jours sur le navire de l'ONG Sea-Eye a été trouvé entre l'Allemagne, la France, le Portugal et le Luxembourg.

Les migrants bloqués depuis dix jours sur le navire de l'ONG allemande Sea-Eye vont débarquer à Malte après un accord pour les répartir entre l'Allemagne, la France, le Portugal et le Luxembourg, a annoncé samedi le Premier ministre Maltais, Joseph Muscat. "Aucun ne restera à Malte, qui ne peut pas porter ce fardeau tout seul", a-t-il précisé sur Twitter.

Une trop longue errance

Les 64 migrants, parmi lesquels 12 femmes et deux enfants de 1 et 6 ans, avaient été secourus le 3 avril alors qu'ils se trouvaient sur une embarcation de fortune au large de la Libye. Le navire de Sea-Eye, baptisé Alan Kurdi en mémoire du petit Syrien retrouvé noyé sur une plage turque, s'est porté à leur secours. Il a d'abord fait route vers l'île italienne de Lampedusa, mais le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), a estimé que c'était à Berlin de prendre en charge ces migrants secourus par une ONG allemande sur un navire battant pavillon allemand.

Un accord avait été trouvé pour faire descendre les deux enfants et leurs mères, mais ces dernières ont refusé d'être séparées des pères. Le navire a ensuite mis le cap sur Malte et a navigué autour du petit pays méditerranéen pendant plusieurs jours au cours desquels deux des femmes, dont une enceinte, ont été évacuées vers La Valette pour raisons médicales. Vendredi soir, c'est l'un des mécaniciens du bateau qui a dû aussi bénéficier d'une évacuation médicale.

Malte dénonce la pression subie

L'errance de ce navire humanitaire est un énième épisode de la crise diplomatique autour de l'accueil des migrants ouverte l'été dernier, lorsque Matteo Salvini a fermé les ports italiens aux bateaux d'ONG, forçant les autres pays européens à s'entendre sur une répartition au coup par coup. "Encore une fois, le plus petit État membre de l'Union européenne a subi une pression inutile en étant chargé de résoudre une affaire qui n'était pas de sa responsabilité", a dénoncé le gouvernement maltais dans un communiqué.