Les géants du tourisme en ligne tirent profit de "crimes de guerre" en Cisjordanie, accuse Amnesty International

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MENAHEM KAHANA / AFP
L'ONG Human Rights Watch avait déjà dénoncé en novembre les locations d'appartements sur Airbnb dans les colonies israéliennes. © MENAHEM KAHANA / AFP
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En proposant des locations de logements dans les colonies israéliennes en Cisjordanie, les plateformes se rendent coupables de crimes de guerre, selon l'ONG.

Les géants du tourisme en ligne Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor tirent profit de "crimes de guerre" en offrant leurs services dans les colonies d'Israël en Cisjordanie occupée, a accusé Amnesty International dans un rapport publié mercredi.

"Normalisation" des colonies. L'ONG, dont le siège est à Londres, a appelé ces groupes à arrêter de proposer des logements, des activités et des attractions dans ces colonies, y compris à Jérusalem-Est. "Ils le font tout en sachant que l'occupation israélienne en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, est régie par le droit international humanitaire en vertu duquel les colonies israéliennes sont considérées comme illégales", a-t-elle souligné. "En faisant affaire avec les colonies, ces quatre entreprises contribuent au maintien, au développement et à l'expansion des colonies illégales et en tirent profit, ce qui équivaut à des crimes de guerre en vertu du droit pénal international", a-t-elle ajouté. 

Airbnb, Booking.com, Expedia et TripAdvisor "normalisent" les colonies de Cisjordanie occupées et de Jérusalem-Est, a déploré Amnesty International. "Pour stimuler les réservations, beaucoup d'annonces dans les colonies se targuent de leur proximité avec des zones naturelles de grande beauté dans les territoires occupés, comme la mer Morte, des réserves naturelles et le désert", a poursuivi l'ONG.

Airbnb a annoncé le retrait des logements concernés. Ce faisant, ces compagnies "accroissent l'attractivité des annonces, assurant un plus grand nombre de touristes et profitant financièrement au final de l'exploitation illégale des ressources naturelles palestiniennes". En novembre, la plateforme Airbnb avait annoncé sa décision de retirer de ses listes les logements dans les colonies israéliennes en Cisjordanie, "qui sont au coeur de la dispute entre Israéliens et Palestiniens", mais elle n'avait pas précisé la date de l'entrée en vigueur de cette mesure.