Le Venezuela de nouveau plongé dans le noir, le gouvernement dénonce une "attaque"

  • A
  • A
Une partie de la ville de Caracas est plongée dans le noir depuis lundi à cause d'une panne d'électricité.
Une partie de la ville de Caracas est plongée dans le noir depuis lundi à cause d'une panne d'électricité. © JUAN BARRETO / AFP
Partagez sur :
Après une méga panne qui a duré une semaine mi-mars, une partie de Caracas et au moins 17 des 22 États vénézuéliens sont privés d'électricité depuis lundi. La vice-présidente Delcy Rodriguez a dénoncé un complot "impérialiste". 

Une nouvelle panne de courant affecte depuis lundi midi Caracas et les grandes villes vénézuéliennes, attribuée comme la précédente par le gouvernement à une "attaque" contre la principale centrale du pays, ce que dément l'opposition.

En fin de journée, l'électricité commençait à revenir progressivement dans certains quartiers de la capitale, avant d'être de nouveau coupée peu avant 22 heures locales (soit deux heures du matin à Paris), attestant de la grande fragilité du réseau. Ailleurs en province, tout semblait témoigner de l'instabilité du courant dont étaient encore privées de vastes zones du pays, y compris les grands centres urbains.

Une "attaque" contre la principale centrale, selon le gouvernement

La vice-présidente Delcy Rodriguez a dénoncé un complot "impérialiste". "Nous avons été victimes d'une attaque contre le système de production et de distribution d'électricité et plus précisément contre la centrale de Guri", dans le Sud du pays, a accusé le ministre de l'Information Jorge Rodriguez à la télévision. Cette centrale, qui fournit environ 80% de l'électricité du Venezuela, avait déjà été mise en cause lors de la panne du 7 mars. Mais le chef de l'opposition Juan Guaido a affirmé que cette nouvelle panne était due à une "surcharge de certains transformateurs" du réseau, citant "des fonctionnaires de Corpoelec", la compagnie publique d'électricité.

La panne est survenue à 13h20 (16h20 heure française) à Caracas, mégapole de cinq millions d'habitants soudain privée de transports publics, de téléphones et d'Internet, ravivant de mauvais souvenirs dans la population éprouvée par la méga panne du 7 mars qui a paralysé le pays pendant une semaine.

Un pays de nouveau à l'arrêt

Outre la capitale, au moins 17 des 22 États vénézuéliens abritant les grandes villes du pays ont été touchés, selon un bilan effectué par l'AFP grâce aux messages affluant sur Twitter, accompagnés du mot-dièse #SinLuz (#SansLumière). D'est en ouest jusqu'à la frontière colombienne, et du nord au sud, la panne a concerné la grande majorité de la capitale et les États côtiers et leurs capitales régionales, qui abritent environ les deux tiers de la population.

Le pays se remet à peine de la panne généralisée du 7 au 14 mars, qui a suspendu les communications, les transports publics, la distribution de l'eau et du carburant ainsi que les approvisionnements en nourriture, et créé une situation chaotique dans les établissements de soins. Le pays est habitué aux pannes de courant, surtout en province, où elles peuvent durer plusieurs jours. Mais la situation s'est fortement détériorée depuis 2017 et les pannes se font plus fréquentes.