Le pape François en Irlande, en pleine tourmente sur les abus du clergé

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Le pape François se rend en Irlande notamment pour y rencontrer discrètement des victimes d'abus sexuels par des prêtres (image d'archives).
Le pape François se rend en Irlande notamment pour y rencontrer discrètement des victimes d'abus sexuels par des prêtres (image d'archives). © VINCENZO PINTO / AFP
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Le pape François se rend en Irlande samedi pour présider le Festival des familles et célébrer une messe à Dublin. Il y est attendu dans le contexte tendu des révélations d'abus sexuels en Irlande mais aussi au Chili, en Australie et aux États-Unis.

Le pape François arrive samedi en Irlande afin de clôturer la Rencontre mondiale des familles mais il sera surtout attendu sur le dossier sans fin des abus du clergé.

Un contexte particulièrement tendu. Son 24ème voyage à l'étranger intervient à un moment particulièrement périlleux pour l'avenir même de l'Église catholique, ébranlée la semaine dernière par de sordides révélations d'abus sexuels anciens perpétrés aux États-Unis et marquée récemment par une série inédite de démissions de prélats soupçonnés d'omerta au Chili, en Australie et aux États-Unis.

Une grande messe. Au cours de sa visite de deux jours, le pape souhaite "rappeler la place essentielle de la famille dans la vie de la société et dans l'édification d'un avenir meilleur pour les jeunes", a-t-il expliqué dans un message vidéo diffusé avant sa venue. Le pape François présidera samedi le Festival des familles, au stade Croke Park de Dublin, où sont attendues plus de 80.000 personnes, et célébrera dimanche la messe de clôture de l'événement au parc Phoenix de Dublin. Un demi-million de fidèles devrait y participer.

Une rencontre avec des victimes d'abus sexuels. Ses six discours prévus seront scrutés de près sur le thème sensible des abus perpétrés par l'Église irlandaise et il rencontrera discrètement des victimes d'abus sexuels samedi ou dimanche. "L'important pour le pape est de les écouter", a expliqué le porte-parole du Vatican Greg Burke, reconnaissant que les abus était un sujet incontournable du déplacement. Depuis 2002, plus de 14.500 personnes se sont déclarées victimes d'abus sexuels commis par des prêtres en Irlande.

Une première reconnaissance de la faute de l'Église. L'énorme scandale de pédophilie dans l'État américain de Pennsylvanie révélé la semaine dernière - plus de 300 "prêtres prédateurs" ayant commis des abus sur mille enfants - a incité lundi le pape François à diffuser une lettre sans précédent aux 1,3 milliard de catholiques de la planète. Il y reconnaît que l'Église n'a pas été à la hauteur et qu'elle a "négligé et abandonné les petits". "Ce que l'on peut faire pour demander pardon ne sera jamais suffisant", dit-il en appelant à la "tolérance zéro".

 

Des contre-manifestations. En marge de la visite du souverain pontife, plusieurs contre-manifestations sont planifiées. Des milliers d'internautes irlandais ont appelé sur Facebook à "dire non au pape" en boycottant la messe de Phoenix Park, réservant des centaines de tickets qu'ils comptent ne pas utiliser.

En parallèle, une marche se déroulera dans les rues de Dublin, jusqu'au "Jardin du souvenir". À Thuam, dans l'ouest du pays, une veillée aura lieu en mémoire des 796 bébés décédés, entre 1925 et 1961, dans l'ancien foyer catholique des sœurs du Bon Secours et qui avaient été enterrés dans une fosse commune.

Une perte d'influence de l'Église. Ces mouvements témoignent de la perte d'influence de l'Église sur la société irlandaise ces dernières années. La messe du pape François devrait ainsi attirer trois fois moins de fidèles que celle de Jean-Paul II en 1979, qui constitue la dernière visite pontificale dans le pays.