Le Japon a tué 177 baleines lors d'une "mission scientifique" dans le Pacifique

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Le Japon fait fi des critiques qui s'abattent sur lui au sujet de la pêche de baleines.
Le Japon fait fi des critiques qui s'abattent sur lui au sujet de la pêche de baleines. © CRIS BOURONCLE / AFP
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L'Agence des pêches rapporte mardi que les Japonais ont tué 177 baleines dans l'océan Pacifique cet été pour une mission "à des fins scientifiques".

Les Japonais ont tué 177 baleines dans l'océan Pacifique, au large de la côte nord-est de l'archipel, lors d'une mission estivale menée "à des fins scientifiques", a annoncé mardi l'Agence des pêches. Les trois navires spécialisés partis en juin ont, comme prévu, capturé 43 baleines de Minke et 134 rorquals boréals, a précisé la même source. La chasse à la baleine létale est "nécessaire" pour estimer le nombre de prises potentielles sur le long terme, a justifié l'agence, dont le but est de "recommencer un jour la pêche commerciale", a précisé le fonctionnaire Kohei Ito. 

Posture contradictoire. Le Japon est signataire du moratoire de la Commission baleinière internationale (CBI) sur la chasse aux baleines, mais il affirme la pratiquer pour effectuer des recherches, non seulement près de ses côtes dans le Pacifique, mais aussi dans l'Antarctique. Cette posture est dénoncée par les organisations de défense des cétacés ainsi que par plusieurs pays, qui estiment que Tokyo utilise de façon malhonnête une exception dans le moratoire datant de 1986.

Reprise de la chasse en 2015. En 2014, la Cour internationale de Justice avait ordonné à Tokyo de mettre fin à cette chasse dans les eaux de l'Antarctique, jugeant qu'elle ne remplissait pas les critères scientifiques exigés. Le Japon avait annulé sa campagne hivernale de 2014-15, pour reprendre la pêche à la baleine l'année suivante dans le cadre d'un programme modifié.

Sea Shepherd renonce à harceler les baleiniers. L'Antarctique a été le théâtre de heurts entre baleiniers japonais et défenseurs des animaux jusqu'à ce que l'organisation écologiste Sea Shepherd annonce le mois dernier qu'elle renonçait à harceler les baleiniers japonais dans le Grand Sud, reconnaissant ses propres limites face à la puissance maritime nippone. Le Japon tente de prouver que la population de baleines est assez importante pour supporter une reprise de la chasse commerciale.