Immigration : le pacte de Marrakech "n'est absolument pas contraignant"

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Frédérique Chlous, ethnologue, a expliqué lundi au micro de Matthieu Noël sur Europe 1, que le pacte de Marrakech laisse les États "totalement souverains" en termes de politique migratoire.
INTERVIEW

Le pacte de Marrakech engendre de nombreux débats. Pour Marine Le Pen notamment, ce Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières est "une nouvelle étape dans la submersion organisée de notre pays". Une idée reprise par certains "gilets jaunes", alimentant ainsi leur grogne contre la politique d'Emmanuel Macron.

Un "engagement plus moral" qu'autre chose. Pourtant, ce texte approuvé lundi à Marrakech, au Maroc "n'est absolument pas contraignant", assure Frédérique Chlous, ethnologue et directrice de département au Muséum d'Histoire naturelle, au micro de Matthieu Noël sur Europe 1. "Les États restent totalement souverains" dans leur politique migratoire "par rapport à ce pacte", assure-t-elle, tout en précisant qu'il s'agit d'un "engagement plus moral" qu'autre chose. "Le premier objectif" de ce pacte de Marrakech, qu'elle considère comme "un texte ambitieux", est de disposer de "données comparables entre les différents pays" sur les flux migratoires, explique-t-elle.

>> De 5h à 7h, c’est “Debout les copains” avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

"Il y a beaucoup de fantasmes" sur la question migratoire, assure-t-elle par ailleurs. C'est la raison pour laquelle, avec une quinzaine de chercheurs, elle a publié un manifeste intitulé Migrations. "Le manifeste souhaite rappeler qu'il y a des réalités biologiques, démographiques, historiques, sociales qu'il faut prendre en compte. On souhaite partager un certain nombre de faits et d'analyses scientifiques."

"Il y a un inégal droit à la circulation." Parmi ces faits, Frédérique Chlous précise par exemple "qu'il y a seulement 3% de la population migre" et que, par conséquent, "97% vit dans le pays dans lequel elle est née". Elle tient à rappeler également que le droit à circuler librement est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme.

A l'heure actuelle, "il y a un inégal droit à la circulation" : "Dans les pays développés, riches, les personnes ont le droit de migrer alors que dans l'autre sens, il y a un frein à cette migration." Et ce alors que "l'immigration a toujours existé, la mobilité est le propre des êtres vivants et l'histoire des migrations nous raconte l'histoire humaine depuis 1,8 millions d'années". Voilà le message que prône le manifeste Migrations.

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau