Depuis le départ de Bachar Al Assad du pouvoir syrien en décembre 2024, Téhéran a perdu un allié de poids. Car c’est par la Syrie et avec la complicité du dictateur que la République islamique livrait ses armes au Hezbollah, son allié au Liban.
En décembre 2024, après plus de dix ans de guerre civile, Bachar Al Assad, au pouvoir en Syrie depuis 24 ans, quitte précipitamment le pays. Le dictateur, jadis tout puissant, vient d’être renversé par une révolution historique, qui installe au pouvoir une coalition d’islamistes.
Si la chute d’Al Assad est immédiatement saluée par une large partie de la communauté internationale, elle provoque en revanche une vive inquiétude au sein du pouvoir iranien.
La Syrie passage clé des armes pour le Hezbollah
Avec la chute de Bachar Al Assad, la République Islamique a perdu un allié de poids dans ce que le régime appelait lui-même l’"Axe de la résistance". Pour fournir des armes au Hezbollah libanais, Téhéran utilisait principalement la voie terrestre, en passant par la Syrie avec donc la complicité d'Al Assad.
Mais depuis la chute du dictateur tout a changé. Le nouveau gouvernement islamiste en Syrie a coupé ses liens avec Téhéran. En conséquence directe : le blocage de tous les convois d’armements iraniens destiné au Hezbollah.
Un revers crucial et surtout irréversible pour l’Iran selon Fabrice Balanche, professeur à l'université Lyon 2. Comme l'explique le professeur, "l’axe qui reliait l’Iran au Liban via la Syrie n’a désormais aucune chance de renaître. Il ne pourra pas se reformer, car Ahmed al-Charaa, le président actuel de la Syrie, ne peut pas devenir un allié de l’Iran, ce serait une impasse."
Ne pas chercher les foudres américaines
Et pour cause, "al-Charaa a besoin du soutien des riches pays du Golfe, comme l’Arabie Saoudite ou les Emirats Arabes Unis, pour reconstruire son pays. De plus, s’ils s’oppose aux Américains, il risque de subir les mêmes sanctions que l’Iran et de se retrouver ainsi dans la même situation que le régime islamique".
Quelques semaines après sa prise de pouvoir, le nouveau président syrien Ahmad al-Charaa avait d’ailleurs qualifié les milices iraniennes, dont le Hezbollah, de menaces pour le Moyen-Orient, en promettant de tout faire pour les éliminer.