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Syrie : avec le chaos dans le nord du pays, la crainte d'évasions massives de djihadistes est élevée

Un membre de l'armée régulière syrienne [Abdulmonam Eassa / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP]

Si un cessez-le-feu fragile a débuté ce mercredi, les combats entre l’armée régulière d’Ahmed al-Chareh et les forces kurdes menacent la sécurité des camps et des prisons du Nord-Est du pays. Là où des milliers d'anciens djihadistes sont détenus depuis la chute du Califat de l’État Islamique en 2019. La crainte : des évasions massives à la faveur du chaos régional. 

C’est le scénario redouté des chancelleries occidentales, que des milliers de djihadistes s'évanouissent dans la nature. Ce lundi, plusieurs centaines d’entre eux sont d’ailleurs parvenus à s’échapper de la prison de Chaddadi, visiblement abandonnée par les forces kurdes qui ont fui face à l’avancée des troupes gouvernementales. 

“Il y a une vraie crainte que l’État Islamique récupère ces hommes là"

C’est dans cette prison que sont incarcérés plusieurs djihadistes français. “Ce sont des individus très dangereux qui ont combattus plusieurs années” détaille Sacha Belissa, responsable au Centre d’analyse du terrorisme. “Comme Thomas Barnouin qui fut membre de la filière d’Artigat dont faisaient partie Mohamed Merah et les frères Clain. Il y a également Adrien Guihal, l'une des voix de la branche médiatique francophone de l’EI”. 

Si près de 80 évadés ont été à nouveau capturés par les forces du régime syrien, des dizaines d’entre eux sont toujours en fuite, dans une région où l’État Islamique est toujours fort d’environ 3.000 membres. “Il y a une vraie crainte que l’État Islamique récupère ces hommes-là, et qu’ils puissent être reprojetés par l’organisation en Europe, selon Sacha Belissa. Mais je ne pense absolument pas que l’État syrien laissera faire”. 

Des milliers d’ex-combattants djihadiste et leurs familles, dont 10.000 étrangers, sont détenus dans le nord de la Syrie. Ils sont répartis dans une vingtaine de camps et de prisons, qui passent désormais sous le contrôle du nouveau gouvernement d’Ahmed Al Chareh. Le plus grand camp, celui d’Al Hol a été entièrement évacué par les Kurdes en début de semaine.