Ce jeudi soir, le chef d'état-major de l'armée israélienne a revendiqué la destruction d'environ 80% des systèmes de défense aérienne iraniens, ainsi que 60% des lanceurs de missiles, précisant que "la menace n'est pas totalement éliminée". Il faut dire que le régime dispose d'un armement encore capable de menacer l'Europe.
Les ressources militaires de l'Iran en question. Après une semaine de conflit acharné entre l'Iran et la coalition américano-israélienne, le régime des mollahs en ressort lourdement affaibli. Après la perte de l'ayatollah Ali Khamenei ainsi que plusieurs figures des Gardiens de la révolution, l'Iran aurait perdu environ 80% de ses systèmes de défense aérienne et au moins 60% de ses lanceurs de missiles, selon le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, dans un point à la presse ce jeudi soir.
90% de tirs balistiques
Même constat du côté des États-Unis. Au CENTCOM, le Commandement central des forces armées, on annonce une chute de 90% de tirs de missiles balistiques par rapport au 28 février dernier, ainsi qu'une diminution de 83% des attaques de drones. À cela s'ajoutent les dizaines de navires qui ont déjà été frappés voire même coulées, comme celui dans le Sri Lanka, mercredi.
Iranian targets are being decimated by U.S. forces, paving the way for continued delivery of overwhelming American military firepower. pic.twitter.com/wQUER9cXWw
— U.S. Central Command (@CENTCOM) March 6, 2026
Avec l'annonce de "l'étape suivante", Israël souhaite "frapper les fondations du régime et ses capacités militaires". Les États-Unis, par la voix de Donald Trump, estiment d'ailleurs que l'Iran "a tout perdu".
Pourtant, le pays dispose encore de nombreux équipements qui peuvent menacer les pays voisins du Golfe et même atteindre l'Europe. Des missiles, des drones, mais également des appareils volants qui témoignent de la volonté du régime des mollahs de ne pas capituler.
Des missiles qui menacent l'Europe
Parmi eux, notamment, les fameux missiles Khorramshahr-4. Des modèles améliorés qui peuvent atteindre une vitesse dans l'atmosphère d'environ Mach 8 (près de 10.000 km/h) doté d'une ogive de 1.500 kg. Présenté en mai 2023 par la propagande du régime et régulièrement exposé durant les parades militaires, il serait capable de parcourir le ciel sur 2.000 voire 3.000 kilomètres selon certaines configurations avec une charge allégée.
Cette longue distance, c'est également celle de son missile de croisière Soumar, révélé depuis 2015 et développé à partie d'une technologie acquis en Ukraine, en 2001.
Conséquence, la plupart des pays européens serait sous leur menace, de l'Italie à l'Allemagne, jusqu'à la Roumanie à l'Est et la Finlande au Nord. Trois mille kilomètres, c'est aussi la distance qui sépare Soleyman-Aghol, l'une des communes les plus à l'Ouest en Iran et... Furiani, en Haute-Corse.
Les drones Shahed ont déjà frappé Chypre
Outre ce mastodonte, l'Iran possède les missiles Sejjil, Ghadr et Emad, qui peuvent également frapper à 2.000 kilomètres de distance, selon le média ukrainien Defense Express. D'autres missiles complètent cette panoplie, comme le Faeh-110 (300 kilomètres) ou le Shahab-3 (1.200 kilomètres). Au total, près de 800 d'entre eux ont déjà été lancés par l'Iran depuis une semaine, contre Israël et les pays du Golfe comme le Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït.
Mengenal Shahed-136, drone kamikaze murah Iran yang efektif menguras rudal mahal AS.
~RS pic.twitter.com/TubfQdHa9Y— Kompas.com (@kompascom) March 4, 2026
Dernière menace en pratique, les fameux drones Shahed qui ont déjà terrifié les pays voisins de l'Iran. Avec leur bruit strident, ils franchissent les frontières sans être visibles sur les écrans radar. Pire, ils peuvent être contrôlés à distance et parcourir plusieurs centaines voire milliers de kilomètres. L'un d'entre eux s'est écrasé à Chypre, dans la semaine, visant une base britannique sur l'archipel. Par ailleurs, la Russie en utilise par milliers sur le front ukrainien.
Comme ces derniers sont stockés sous terre, leur nombre total reste inconnu. C'est peut-être l'information qui vaut toutes les richesses pour faire pencher la balance dans ce conflit qui continue d'embraser le Moyen-Orient. Néanmoins, l'hypothèse d'une attaque directe de Téhéran sur le sol d'Europe occidental demeure très hypothétique, voire impossible selon les experts.