Funérailles des victimes du viaduc effondré à Gênes : "Certains doivent payer"

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L'Italie a rendu hommage samedi aux victimes de la catastrophe de Gênes lors de funérailles d'État, que certaines familles ont décidé de boycotter pour marquer leur colère envers le gouvernement.

C'est une cérémonie pleine d'émotion qui s'est tenue à Gênes, samedi. Des funérailles d'État étaient organisées afin de rendre hommage aux 38 victimes de l'effondrement d'un viaduc autoroutier, mardi, auxquelles il faut rajouter les trois nouveaux corps découverts sous les décombres dans la nuit de vendredi à samedi.

Les pompiers et secouristes applaudis. La première image de cette cérémonie, ce sont les pompiers et secouristes en tenue, qui avancent dans la foule sous les applaudissements. Leurs visages sont cernés par les heures passées dans les gravats. Devant le Christ sur la croix, 18 cercueils fleuris derrière lesquelles les familles sont rassemblées. Toute la classe politique est là et Sergio Mattarella, le président de la République, a un mot pour les proches des victimes.

"Au moins, tout le monde peut voir, prendre conscience que c'est à cause de la négligence de quelques uns que nous sommes là à pleurer toutes les victimes. Ce n'est pas quelque chose qui doit passer comme ça, sans servir. Certains doivent payer", confie Anna, l'amie d'un couple décédé avec son enfant de 8 ans.

Des familles boycottent la cérémonie. La colère d'Anna est partagée par de nombreuses familles, ce qui explique ainsi l'absence de plus de la moitié d'entre elles à cette cérémonie. Ici, on se recueille mais on réclame également justice, que ce soient les proches ou les habitants de Gênes, qui sont plusieurs milliers à s'être rendus aux funérailles. Plusieurs milliers à prier et à réclamer un changement en Italie.

"On ne tire pas les leçons du passé. Je suis triste parce qu'ici nous avons des familles qui partaient en vacances et qui ont fini à la morgue. Des employés qui allaient au travail et qui ont fini à la morgue. Nous continuons à faire les mêmes erreurs", lâche l'un d'entre eux. Le cardinal de Gênes commence son homélie. "La ville est brisée, la ville est en deuil", dit-il. Lui aussi l'a répété avant la cérémonie, "nous avons confiance en la justice".

Hommage aux victimes musulmanes

Quatre "Allah akbar" ont retenti dans un silence respectueux lors d'une parenthèse ménagée en hommage à deux victimes musulmanes pendant les funérailles d'État catholiques après l'effondrement du pont de Gênes. Dans un pays où l'extrême droite est au pouvoir et où les violences verbales et physiques se multiplient contre les étrangers et contre les musulmans, un hommage particulier a été rendu à deux Albanais musulmans figurant parmi les 38 victimes identifiées.

En présence de tous les plus hauts responsables de l'État et de dizaines de prêtres, un imam a mené quelques minutes de prière psalmodiée en silence et ponctuée de quatre "Allah Akbar" (Allah est le plus grand), conformément à la formule rituelle des prières funéraires.