États-Unis : qu'est-ce que le "shutdown" ?

, modifié à
  • A
  • A
Donald Trump
L'administration Trump va devoir fermer certaines agences fédérales dans les jours à venir. © Brendan Smialowski / AFP
Partagez sur :

Le "shutdown" désigne la paralysie des administrations fédérales américaines après un désaccord du Congrès sur le vote du budget. Exactement ce qui s'est passé vendredi soir au Sénat. 

ON DÉCRYPTE

Sénateurs républicains et démocrates n'ont pas réussi à trouver un point d'accord. Vendredi soir, les parlementaires américains ont rejeté, à dix voix près, une proposition de loi budgétaire sur le financement de l'État fédéral jusqu'en février. Résultat : les États-Unis connaissent samedi une situation de "shutdown", la première depuis 2013. On vous explique.

Qu'est-ce que le "shutdown" ?

Puisque le financement de l'État fédéral n'a pas été voté, le gouvernement américain se retrouve officiellement à court d'argent. Il est donc contraint de fermer des dizaines d'agences fédérales à travers le pays. C'est cette paralysie de généralisée de l'administration qu'on appelle le "shutdown". La dernière fois que cela s'était produit, c'était en 2013, sous la présidence de Barack Obama.

Combien de temps cela va-t-il durer ?

Samedi matin, il était impossible de savoir exactement combien de temps durerait cette paralysie. En 2013, les agences avaient été fermées pendant 16 jours. Dans tous les cas, les premiers effets devraient être perceptibles lundi et prendront fin lorsqu'un compromis politique sera trouvé.

Quelles administrations sont touchées ?

Chaque gouvernement choisit les agences qu'il souhaite fermer et celles trop essentielles pour être interrompues. Aucun service public n'est a priori protégé d'un éventuel shutdown. Dans les faits, la défense et la sécurité sont quasiment toujours épargnés, tout comme le transport aérien, la justice et la santé. Cette fois, l'administration Trump a annoncé qu'elle mettrait en congé tous les personnels civils "non-essentiels" de l'armée. Des opérations de maintenance de la flotte de la Navy pourraient également être menacées et les avions de guerre rester cloués au sol si la situation se prolongeait. Enfin, certains services dispensées aux anciens combattants, comme la formation, seront retardés.

Au département de la Justice, un peu moins de 10% des 115.000 employés devraient être concernés, les autres étant considérés comme "essentiels". Du côté du département de l'Agriculture, les inspecteurs sanitaires poursuivront leur travail mais la publication de statistiques pourrait être perturbée. 

La Maison-Blanche sera, elle, mise au régime sec. Plus de 1.000 des 1.715 employés au siège de la présidence seront mis en congé. Les activités de Donald Trump, en revanche, ne seront pas concernées : son déplacement la semaine prochaine à Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial est maintenu.

Traditionnellement, les administrations financières sont parmi les plus touchées par les "shutdown". La Commodity Futures Trading Commission, chargée de surveiller les marchés de produits dérivés, a annoncé qu'elle mettrait en congé 95% de ses employés avec la possibilité d'en faire revenir en cas de situation d'urgence. Du côté du Fisc, on ne sait pas encore ce que va choisir l'administration Trump. Mais en 2013, les services fiscaux de l'Internal Revenue Service (IRS) avaient mis en congé d'office 90% de leurs agents. Ce qui avait engendré des retards de remboursements d'impôts d'un montant total de l'ordre de 4 milliards de dollars, selon les services budgétaires de la Maison blanche.

Quelles sont les conséquences pour les fonctionnaires ?

Les centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux qui travaillent dans les services jugés "non-essentiels" ne seront pas payés pendant toute la durée du "shutdown". En 2013, cela avait concerné plus de 800.000 personnes. Toutefois, ils sont en général payés rétroactivement lorsque la situation rentre dans l'ordre.