Aux États-Unis, la menace du "shutdown" qui pourrait paralyser les administrations

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Donald Trump fêtera samedi sa première année de mandat. Mais cet anniversaire risque d’être terni par la fermeture du gouvernement fédéral pour cause de désaccord au Congrès sur le vote du budget 2018.

La fermeture du gouvernement fédéral, ce qu’on appelle le "shutdown", les Américains ont fini par s’y habituer, pour ne pas dire par s’en lasser. Et pour cause, c'est la troisième fois qu'ils y sont confrontés depuis le début de l'année. Lorsque les activités de l’exécutif ne sont plus financées, tout s’arrête sauf les services d’urgence et les agences chargées de la sécurité nationale.

Pourquoi en est-on là ?

Le budget fédéral 2018 pose problème : le président Trump l’a voulu en très forte augmentation, notamment pour le Pentagone. On parle d’environ 700 milliards de dollars, soit 20 fois le budget de la défense français. C'est dire.

Mais si les démocrates sont particulièrement opposés à ce budget, c'est pour une autre raison. En septembre, ils avaient obtenu l’assurance du président Trump que ce budget comprendrait une clause permettant aux 700.000 enfants d’immigrés clandestins latinos de pouvoir rester aux États-Unis sans être menacés d’expulsion comme leurs parents. C’est ce qu’on appelle le programme "Dreamers", voulu par le président Obama. Sauf que pour les élus républicains, il s’agit là d’une forme d’amnistie et d’appel d’air migratoire. L’accord a donc été remis en cause.

Mais pour amadouer les démocrates, les Républicains ont promis de maintenir un programme d’assurance santé pour les enfants les plus pauvres. Puis s’est rajoutée l’exigence de Donald Trump d’inscrire une clause de financement de la construction du fameux mur à la frontière mexicaine. "Trop, c’est trop", ont dit les élus démocrates.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, la Chambre des Représentants a repoussé l’échéance du budget d’un mois. Une décision à laquelle devrait s’opposer le Sénat d’ici samedi matin.

Faut-il prendre la menace du "shutdown" au sérieux ?

Le président Trump se sert du "shutdown" comme d’une arme de chantage, et accuse les démocrates de mettre en péril le financement de l’armée américaine au profit de programmes sociaux qui profitent en partie aux enfants d’immigrés. Tout cela est assez glauque. On n’en serait pas là si la campagne pour les élections de mi-mandat pour novembre prochain ne venait pas de commencer avec la polarisation inévitable qu’elle entraîne.

Clairement, Donald Trump entame sa deuxième année de mandat avec une Amérique encore plus divisée que lorsqu'il a été élu.