Coronavirus : fin du confinement à Codogno en Italie, dans le désordre et la confusion

, modifié à
  • A
  • A
Codogno Italie 2000*1000 1:15
La ville de Codogno a été placée en quarantaine pendant quinze jours. © Miguel MEDINA / AFP
Partagez sur :
La quarantaine a été levée à Codogno, ville de Lombardie et épicentre de l'épidémie de coronavirus en Italie, restée confinée pendant deux semaines. Toutefois, les habitants déplorent un manque d'informations, beaucoup estiment notamment que cette période d'isolement n'a servi à rien.
REPORTAGE

15 millions d’Italiens sont désormais placés en quarantaine. Le décret a été publié ce week-end pour tenter d’endiguer le coronavirus. Avec 366 décès enregistrés lundi matin, l’Italie est le troisième pays du monde le plus touché par le virus. Toute la Lombardie, y compris Milan, ainsi que la région de Venise, le nord de l’Emilie-Romagne et l’est du Piémont sont concernées par cette mise à l’isolement. La zone rouge a donc été élargie au-delà de la ville de Codogno, foyer de l’épidémie dans la péninsule, et confinée depuis deux semaines. Là-bas, la fin de la quarantaine a eu lieu ce week-end, dans le désordre et la confusion.

"C’est une gestion à l’italienne…", expliquent les habitants de Codogno, résignés. Dimanche, les barrages routiers à l’extérieur la ville ont été levés. Si la zone rouge s’est élargie, les déplacements se font au compte-goutte. "Qu’est-ce qu’on doit faire maintenant ? Est-ce qu’on peut retourner travailler ou pas ? On n’arrive pas à avoir d’information claire", confie Aron, un riverain. "J’ai même posé la question à un policier. Il m’a dit : 'Je n’ai reçu aucun ordre de la préfecture. Je ne sais pas comment on doit gérer ça.'"

"J’ai besoin de revoir des gens sourires dans la rue"

Tout passe par le bouche-à-oreille. "Nous ne méritons pas ça", s’agace le maire de Codogno sur les réseaux sociaux. Après deux semaines d’isolement, Eleonora aussi perd patience : "Je suis fatiguée. J’ai besoin de revoir des gens sourire dans la rue, sans masque, mais bon pour ça je n’attends plus aucune aide des autorités, comme d’habitude…"

Europe 1
Par Romane Hocquet, édité par Romain David