Climat : les États-Unis notifient formellement à l'ONU leur retrait de l'accord de Paris

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Donald Trump avait décidé en 2017 de quitter l'accord de Paris sur le climat.
Donald Trump avait décidé en 2017 de quitter l'accord de Paris sur le climat. © JIM WATSON / AFP
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Les États-Unis ont officiellement notifié leur sortie de l'accord de Paris sur le climat, une décision prise par Donald Trump il y a deux ans. Le retrait sera effectif dans un an, au lendemain de la prochaine élection présidentielle américaine. 

Les États-Unis ont formellement notifié lundi à l'ONU leur sortie de l'accord de Paris sur le climat, décidée dès 2017 par Donald Trump, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Cette étape-clé, qui ne pouvait intervenir plus tôt en raison d'une clause inscrite dans le texte, enclenche un compte-à-rebours d'un an avant que Washington puisse effectivement quitter l'accord.

"Le retrait sera effectif un an après la notification" adressée lundi à l'ONU, a confirmé Mike Pompeo dans un communiqué. C'est-à-dire le 4 novembre 2020, le lendemain de la prochaine élection présidentielle aux Etats-Unis, à l'occasion de laquelle Donald Trump briguera un second mandat. Le retrait américain ne change donc rien immédiatement, mais il est lourd de sens, même si peu doutaient que la Maison-Banche confirmerait cette étape. Les États-Unis sont le seul pays à se désengager de ce texte signé par 197 pays, jusqu'à la Corée du Nord.

"Un fardeau économique injuste imposé au travailleurs américains" 

La raison officielle du retrait est que Washington considère l'accord injuste pour les Etats-Unis, bien que la philosophie du texte soit que les pays fixent librement leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le but alors annoncé par Barack Obama était d'ailleurs moins ambitieux que ce que réalisent d'autres pays ou l'Union européenne, par exemple. Dans son communiqué, Mike Pompeo a de nouveau invoqué "le fardeau économique injuste imposé aux travailleurs, entreprises et contribuables américains". Politiquement, Donald Trump pourra faire valoir à ses électeurs qu'il a tenu sa promesse.

Les ONG et experts, de leur côté, ont dénoncé l'égoïsme du deuxième émetteur mondial, alors que la Chine reste engagée dans le processus. "L'abandon de l'accord de Paris est une abdication de leadership à laquelle une majorité d'Américains est opposée", a déclaré Michael Bloomberg, ancien maire de New York qui finance une grande campagne pour la fermeture des centrales à charbon et contre les candidats aux élections américaines opposés à l'action climatique. 

Les démocrates s'engagent à revenir dans l'accord en cas de victoire à la présidentielle 

La décision de Donald Trump n'a pas créé l'effet domino que certains craignaient dans des pays comme l'Australie et le Brésil. Elle a même galvanisé de multiples acteurs américains non-fédéraux : Etats gouvernés par les démocrates, grandes villes, et entreprises. Nombre de ces entités se sont volontairement engagées à la neutralité carbone d'ici 2050, ou à passer à 100% d'énergies renouvelables dans la production d'électricité. Cela compensera en partie l'inaction fédérale. Au total, l'accord de Paris ne s'est pas effondré, renforcé par la mobilisation des jeunes pour le climat observée depuis l'an dernier.

Le résultat de l'élection de 2020 pourrait être plus déterminant. "Si jamais on repart dans une administration Trump pour quatre ans, les conséquences seront très, très différentes", dit à l'AFP David Levaï, du centre de réflexion Iddri. "La solidité de cette gouvernance demeure, tant que le retrait américain n'est qu'une parenthèse". Tous les adversaires démocrates potentiels de Donald Trump se sont engagés à revenir dans l'accord, ce qu'ils pourront faire à leur prise de fonction, le 20 janvier 2021.