Batailles au sommet de l'UE pour la succession de Jean-Claude Juncker

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Angela Merkel et Emmanuel Macron ont laissé éclater leurs dissensions quant au futur président de la Commission européenne. © OLIVIER MATTHYS / POOL / AFP
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avec AFP
Après les élections européennes de dimanche, les dirigeants des 28 membres de l'UE doivent se mettre d'accord sur le futur président de la Commission européenne. Angela Merkel et Emmanuel Macron défendent chacun un candidat différent.

Les dirigeants européens, en particulier le tandem Macron-Merkel, ont affiché leurs divisions mardi autour de la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, ce qui augure d'une négociation laborieuse sur la désignation des nouveaux patrons de l'UE.

Difficulté supplémentaire : les chefs d'États et de gouvernements devront en outre trouver un compromis sur ce poste clé avec le nouveau Parlement issu des élections et qui entend imposer comme futur président de l'exécutif européen un candidat désigné par les partis avant ce scrutin.

 

Déjà une lutte des pouvoirs

"Personne n'est intéressé par un conflit inter-institutionnel", a prévenu le président du Conseil européen Donald Tusk à l'issue d'un sommet extraordinaire mardi soir à Bruxelles, convoqué pour tirer les leçons des élections. Pourtant, la lutte de pouvoir semble bien ouverte.

Le premier bras de fer porte sur la présidence de la Commission européenne. Celui qui sera élu devra obtenir le soutien des 28 et la majorité absolue au Parlement européen, soit 376 voix. Les traités prévoient que les chefs d'États et de gouvernements proposent un candidat sur lequel le Parlement se prononce, et doivent pour cela "tenir compte" du résultat des élections.

Entre Merkel et Macron, à chacun son candidat

Comme l'a résumé la chancelière allemande Angela Merkel : "Nous soutenons notre candidat : Manfred Weber, d'autres soutiennent le leur, c'est clair". Chef de file du Parti populaire européen (PPE, centre droit), première force politique au sein du Parlement et famille politique de Angela Merkel, Donald Tusk ou encore Jean-Claude Juncker, le Bavarois Manfred Weber revendique le poste.

Mais côté français, le président Emmanuel Macron, dont la liste Renaissance va venir gonfler les rangs des centristes libéraux dans l'hémicycle, a rejeté toute "automaticité" pour la candidature des chefs de file, ou "Spitzenkandidaten" selon le jargon bruxellois, un message relayé par Donald Tusk. Pour Emmanuel Macron, la France, "affranchie de la prison des Spitzenkandidat" aura pour rôle "de construire un rassemblement dynamique, crédible et qui correspond au projet".

Des tractations en cours

Outre Manfred Weber, les prétendants des deux autres principaux groupes sont le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans et la libérale danoise Margrethe Vestager. Le président français compte sur les soutiens des huit chefs d'État ou de gouvernement de la famille libérale et cherche l'appui des cinq dirigeants socialistes. 

Mais ces derniers ont aussi défendu leurs familles politiques. Une source gouvernementale espagnole, appuyant la candidature de Frans Timmermans devant des journalistes, a assuré que "même Macron se montre ouvert à la possibilité que Timmermans devienne président".

Le dîner fut court, le mot d'ordre étant de ne pas discuter sur les noms, mais pas question de se disperser : aucun collaborateur n'était autorisé dans la salle de réunion, et les dirigeants ont dû couper leurs téléphones, selon des sources concordantes.