Attentat de Strasbourg : l'Allemagne sur les traces de Cherif Chekatt

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Une enquête a été ouverte en Allemagne à l’encontre de Cherif Chekatt, pour savoir notamment si l’auteur de l’attentat de Strasbourg a bénéficié de complicités outre-Rhin.

Alors que la chasse à l’homme se poursuit jeudi en France, la police allemande s’intéresse aussi de près à Cherif Chekatt, l’auteur présumé de l’attentat de Strasbourg perpétré mardi soir. Une enquête a été ouverte jeudi en Allemagne à l’encontre de Cherif Chekatt et de son frère Sami, avec lequel il aurait pu prendre la fuite.

Un appel téléphonique suspect en provenance d’Allemagne. Il s’agit de savoir si les deux hommes ont des liens avec les milieux islamistes allemands, des réseaux, voire peut-être des complices dans le pays, rapporte la correspondante d’Europe 1 en Allemagne Hélène Kohl. Juste avant de passer à l’acte mardi soir, Cherif Chekatt a reçu un appel téléphonique en provenance d’Allemagne, pour lequel il n’a pas décroché, mais qui intrigue outre-Rhin. Et les autorités allemandes restent sur le qui-vive, au cas où le tireur aurait réussi à passer la frontière dans sa fuite au soir de l’attaque.  

Condamné à de la prison ferme outre-Rhin. D’autant que l’homme n’est pas inconnu de la justice allemande : Cherif Chekatt a été condamné en 2016 à deux ans et trois mois de prison ferme, pour deux cambriolages commis dans le sud du pays, près de la frontière française. Son avocat allemand a confié à Europe 1 que Cherif Chekatt faisait sans doute régulièrement la navette entre les deux pays. Il ne lui a en tout cas pas communiqué d’adresse dans le pays, et il ne parlait pas du tout l’allemand, nous a-t-il précisé.  

Les autorités allemandes ne savaient pas qu’il était fiché. Début 2017, alors qu’il a effectué la moitié de sa peine, Cherif Chekatt a demandé à bénéficier d’une disposition lui permettant de terminer sa détention en France. Lors de son séjour en prison outre-Rhin, il n’avait pas montré de signes de radicalisation et, fait troublant, les autorités allemandes ne savaient pas qu’il était déjà au moment de son incarcération fiché S et inscrit au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste en France.