Américain tué par une tribu : le casse-tête de la récupération du corps

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Les autorités indiennes ne savent pas comment récupérer le corps de cet Américain tué sur une île où vit en autarcie une tribu de chasseurs-cueilleurs. 

L'Inde était confrontée jeudi à un casse-tête pour récupérer le corps d'un Américain, tué par les flèches d'une tribu autochtone vivant coupée du monde moderne sur une île d'Andaman-et-Nicobar.

150 chasseurs-cueilleurs en autarcie. Le 16 novembre, John Allen Chau, ressortissant américain de 27 ans, a péri en voulant entrer en contact avec le peuple de chasseurs-cueilleurs des Sentinelles, qui compterait 150 âmes. Ces derniers vivent en autarcie depuis des siècles sur la petite île de North Sentinel, dans la mer d'Andaman, interdite d'accès par l'État indien. Ces dernières décennies, les tentatives de contact du monde extérieur se sont heurtées à l'hostilité et à un rejet violent de leur part. Les Sentinelles descendraient des premières populations humaines à être parties d'Afrique et vivraient aux Andaman depuis 60.000 ans, d'après l'ONG Survival International.

Survols en hélicoptère. Les forces de l'ordre ont dépêché un hélicoptère et un bateau pour essayer de déterminer de loin l'endroit où ce voyageur chrétien, féru d'aventure et de grand air, a trouvé la mort. "Nous avons maintenu une distance avec l'île et n'avons pas encore été en mesure de repérer le corps. Cela peut prendre plusieurs jours et missions de reconnaissances", a déclaré Dependra Pathak, chef de la police régionale.

Des systèmes immunitaires pas adaptés. La situation est pour le moins unique. Si les autorités indiennes se rendent sur l'île pour en exfiltrer la dépouille, elles rompraient l'isolement des Sentinelles, avec toutes les conséquences que pourraient avoir ce contact entre deux civilisations. Vivant coupée du reste de l'humanité, cette peuplade n'aurait notamment pas un système immunitaire adapté aux agents infectieux apportés par des intrus. Les responsables locaux ont fait appel à des anthropologues indiens et des spécialistes des tribus et de la forêt pour décider de la marche à suivre.

"Nous devons faire attention à ne pas les perturber ou perturber leur habitant par quelque moyen que ce soit. C'est une zone extrêmement sensible et cela prendra du temps", a déclaré Dependra Pathak.