11-Septembre : "C’est à l’antenne que je vis, que j’apprends, que je découvre tout ça", se souvient Pujadas

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L'ancien présentateur du JT de France 2 revient, au micro d'Europe 1, sur les heures passées en direct, face caméra, à commenter pour des millions de téléspectateurs les images de l'attentat du World Trade Center.
INTERVIEW

"Chaque 11 septembre me redonne une sentiment particulier". Il est celui par qui des millions de Français ont appris l’attentat du World Trade Center. Le 11 septembre 2001, David Pujadas, fraîchement arrivé chez France 2, est aux commandes de l’édition spéciale qui suit cet événement hors-norme. Dix-huit ans plus tard, le présentateur se rappelle au micro de Matthieu Belliard, dans la matinale d’Europe 1, ces heures de direct particulièrement intenses.

"C’est un truc complètement fou. Quand on décide de prendre l’antenne, on sait qu’un avion de ligne est rentré dans une tour. Et juste avant de prendre l’antenne, quand on s’assoit sur le plateau, un deuxième avion rentre dans l’autre tour. Donc là, on commence à se dire que c’est un attentat, c’est vertigineux. Et puis il y a un troisième avion, sur le Pentagone, et un quatrième [qui s’est écrasé en Pennsylvanie, après que les passagers aient tenté de reprendre le contrôle de l’appareil, ndlr]", se remémore David Pujadas.

"On s’est dit qu’il y allait en avoir un cinquième, un sixième… et puis les tours s’effondrent. C’est un événement qui nous dépasse complètement", poursuit le journaliste. "C’est quelque chose de très oppressant et de très irréel. C’est à l’antenne que je vis, que j’apprends, que je découvre tout ça, en même temps que les téléspectateurs."

"Je suis resté à l’antenne jusqu’à minuit. J’ai dû faire huit heures d’antenne. Quand je suis arrivé chez moi, à une heure ou deux du matin, j’ai allumé la télévision et j’ai re-regardé ces images que j’avais vu toute la journée, pour essayer de réaliser ce qui se passait vraiment", raconte-t-il encore.

"C’était un poste un peu grand pour moi et j’ai acquis mes galons"

"Ça a été un moment de fusion avec la rédaction et pour moi, professionnellement, un moment fort", explique-t-il. "Je venais d’arriver dans cette rédaction où je ne connaissais personne. C’était un poste un peu grand pour moi et j’ai acquis mes galons, une forme de légitimité. Quand je suis rentré dans la salle de rédaction [après avoir rendu l’antenne, ndlr], j’ai été applaudi", se souvient David Pujadas. "Les gens ont compris pourquoi je faisais ça, pourquoi c’est moi l’on avait choisi, parce que j’avais un savoir-faire", conclut-il.

Europe 1
Par Matthieu Belliard