Seine-Maritime : huit suspects présentés à un juge pour violences sur un jeune handicapé

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(Photo d'illustration).
(Photo d'illustration). © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
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La victime, âgée de 19 ans, a subi des actes de cruauté entre fin novembre et fin décembre 2017. Ses agresseurs présumés sont âgés entre 15 et 19 ans. 

Neuf personnes soupçonnées de séquestration et de violences à l'encontre d'un jeune handicapé mental de 19 ans, à Bolbec, en Seine-Maritime, ont été placées en garde à vue mardi et huit d'entre eux, dont six mineurs doivent être présentés jeudi à un juge. 

Une victime "au profil psychologique fragile." Les suspects sont âgés de 15 à 19 ans. "Certains n'ont été que spectateurs", a précisé le procureur de la République du Havre, François Gosselin, indiquant que ces derniers "pourraient être poursuivis pour non-assistance à personne en danger". Les gardes à vue avaient été prolongées mardi soir pour tenter de déterminer les responsabilités de chacun dans le calvaire vécu par le jeune homme. 

Les faits se sont produits entre fin novembre et fin décembre 2017 au domicile de la victime dans le centre-ville de Bolbec. Le jeune homme "au profil psychologique fragile" selon les termes du procureur, a été retenu dans son appartement près d'un mois où il a subi de nombreux sévices de la part d'individus qu'il connaît bien. Tous sont déjà connus de la police, mais jusqu'alors pour de petits délits. "Là, ils ont franchi un pallier", explique un enquêteur encore choqué.

La secrétaire d'État chargée du handicap "écœurée". "Les gens qui se sont incrustés chez lui lui ont infligé des coups, des brûlures, des violences avec un couteau et l'ont aussi enfermé dans un réfrigérateur" alors qu'il était nu, a relaté le procureur. Les individus ont même uriné sur la victime. Quand cette dernière devait sortir, elle était toujours accompagné par l'un de ses agresseurs, mais fin décembre, elle a réussi à s'enfuir et à se réfugier chez sa mère. Il lui a fallu trois jours pour oser aller porter plainte au commissariat. La secrétaire d'Etat chargée du handicap, Sophie Cluzel, s'est dite "écœurée par cet acte de barbarie".