Le procès de l’auteur de la fusillade du lycée Tocqueville à Grasse s'ouvre lundi

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La fusillade s'était déroulée le 16 mars 2017 au lycée Tocqueville à Grasse. 1:29
La fusillade s'était déroulée le 16 mars 2017 au lycée Tocqueville à Grasse. © Valery HACHE / AFP
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Killian, 16 ans, était entré armé dans son lycée de Grasse avec la volonté de tuer ses camarades de classe. Lui et son complice, qui l'aurait aidé dans sa préparation, sont jugés lundi devant la Cour d'assises des mineurs de Nice. Killian, l'auteur de la fusillade qui avait fait quatre blessés, risque jusqu'à 30 ans de prison.

Il y a trois ans, le 16 mars 2017, Killian, un adolescent de seize ans muni d’un véritable arsenal, faisait irruption dans son lycée à Grasse, blessant plusieurs personnes. Le lycéen voulait se venger et tuer des élèves de sa classe. S'il a agi seul dans l’enceinte de l’établissement, Killian aurait bénéficié pour préparer son acte de la complicité d’un ami à peine plus âgé que lui. Les deux jeunes sont jugés devant la Cour d'assises des mineurs de Nice, ce lundi à partir de 14 heures. C'est le premier procès de ce genre en France, qui pourrait se dérouler à huis-clos. 

Il risque 30 ans de réclusion criminelle

"Si tu fais ça, tu seras le premier". Cette pensée morbide d'être le premier tueur de masse en milieu scolaire, Killian l'aurait confié à son complice Lucas. Depuis des mois, l'adolescent, fasciné par la tuerie du lycée de Columbine aux États-Unis,les fusillades en milieu scolaire sont malheureusement fréquentes, ruminait sa vengeance. Se sentant rabaissé et traité de sataniste, Killian aurait dressé une liste d'élèves à abattre. Chose qu'il nie aujourd'hui, affirmant simplement avoir voulu faire peur avec le fusil à pompe, les armes de poing et les explosifs.

Mais en garde à vue, il avait justifié la haine de ses camarades en expliquant que l'un était une racaille, l'autre gay, qu'ils étaient "cons", qu'ils croyaient en Dieu ou encore qu'ils étaient insolents avec les professeurs. S'il a tiré sur son principal, qui tentait courageusement de s'interposer, c'était pour ne pas être arrêté dans son projet. 

Au total, quatre élèves seront blessés. Lors de son interpellation, trente minutes après le début de la fusillade, Killian n'a opposé aucune résistance aux policiers qui le mettaient en joue. Inquiets de sa dérive morbide, ses parents l'avaient fait examiner quelques mois plus tôt par un psychiatre, qui l'avait trouvé parfaitement normal. L'adolescent risque 30 ans de réclusion criminelle, 20 ans si la cour retient l'excuse de minorité.

Europe 1
Par Frédéric Michel, édité par Ariel Guez