Mauvais joueur et mauvais perdant : un cheikh saoudien doit-il 2,8 millions de dollars à un professionnel de poker américain ?

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Poker 2:25
© Lionel BONAVENTURE / AFP
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Le tribunal de Grasse doit rendre lundi un verdict sur le bras de fer qui oppose un cheikh saoudien à un joueur de poker américain, qui affirme que le premier lui doit 2,8 millions de dollars. Problème : la loi stipule que la justice ne peut pas ordonner le paiement d'une dette de jeu, sauf si ce jeu tient à "l'adresse et à l'exercice du corps". 

Le poker est-il un jeu de hasard ou bien un jeu "d'adresse et d'exercice du corps" ? La question peut paraître saugrenue... mais elle vaut près de 3 millions de dollars. Le tribunal de Grasse va rendre sa réponse lundi. Son verdict doit mettre un terme dans au bras de fer judiciaire qui oppose un joueur de poker américain à un riche saoudien qui refuse de payer sa dette après une partie perdue sur la Côte d'Azur. 

Le Saoudien est un habitué du célèbre casino Bellagio de Las Vegas. Il y croise les plus grands joueurs de poker, contre qui il aurait perdu quelque 34 millions de dollars en 2 ans et demi. Soit une moyenne d’un million de dollars perdus par mois. En 2014, c'est lui qui les invite dans le palace de son frère, près de Cannes, pour une partie privée qui dure deux nuits. Là encore, il perd, et gros : 2,8 millions de dollars, raflés par Rick Salomon, joueur professionnel américain.

"Concentration et gestion du stress"

Seulement voilà, le Saoudien n'a jamais voulu payer. D’autant qu’en France, le code civil de 1804 stipule que la justice ne peut pas ordonner le paiement d'une dette de jeu, sauf si ce jeu tient à l'adresse et à l'exercice du corps. Ce que soutient l'avocat du joueur américain, Maître Sokol. "Le poker exige une implication physique, quand bien même le joueur reste stationnaire. Il y a une concentration d’une grand intensité, sur une durée longue, une gestion du stress, et un contrôle du corps", défend-il au micro d'Europe 1. Arguments balayés par l'avocat du mauvais perdant, qui conteste aussi les sommes en jeu. Pourtant l'Américain a des témoins, à commencer par son épouse à l'époque, une certaine Pamela Anderson.

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Laetitia Drevet

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