Affaire Troadec : le procès du quadruple meurtre s'ouvre aux assises de Nantes

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Le verdict de ce procès est attendu le 8 ou le 9 juillet (Illustration). © DAMIEN MEYER / AFP
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Dans la nuit du 16 au 17 février 2017 dans la banlieue de Nantes, les quatre membres de la famille Troadec ont été assassinés à leur domicile sur fond de différend familial autour d'un trésor de lingots d'or. Le principal suspect Hubert Caouissin et sa compagne Lydie Troadec, comparaissent ce mardi devant la cour d'assises de Loire-Atlantique.

Quatre ans et demi après le quadruple meurtre de la famille Troadec à coups de pied de biche, Hubert Caouissin comparait mardi devant la cour d'assises de Loire-Atlantique, où ses avocats auront fort à faire pour lui éviter la réclusion à perpétuité. Après le tirage au sort des jurés, la première journée d'audience de ce procès de trois semaines doit être consacrée à la personnalité de la compagne d'Hubert Caouissin, Lydie Troadec, qui comparaît libre et encourt trois ans de prison et 45.000 euros d'amende pour modification de scène de crimes et recel de cadavre.

Un trésor familial au coeur de l'affaire

Ce n'est que mercredi que la cour se penchera sur le profil du principal accusé, ancien ouvrier chaudronnier de l'arsenal de Brest, obsédé au moment des faits par son beau-frère Pascal Troadec, qu'il accusait d'avoir volé un trésor familial de lingots d'or. Un homme à la personnalité "mystérieuse", selon Me Cécile de Oliveira, avocate des parties civiles. Un "monsieur tout le monde qui n’avait pas vocation à devenir (...) un meurtrier", rectifie son avocat Me Thierry Fillion.

La fin de la première semaine sera consacrée aux auditions des enquêteurs et des parties civiles. La cour entendra notamment Martine V., la première à contacter la gendarmerie le 23 février 2017, après plusieurs jours sans nouvelles de sa sœur et de son beau-frère, Brigitte et Pascal Troadec, 49 ans tous les deux. Leurs enfants Charlotte (18 ans) et Sébastien (20 ans) étaient eux aussi injoignables.

Hubert Caouissin, principal suspect

Au domicile familial, un pavillon d'Orvault, dans la banlieue nantaise, la police avait découvert des traces de sang et plusieurs membres de la famille avaient immédiatement orienté les enquêteurs vers Hubert Caouissin et sa compagne. Hubert Caouissin, 50 ans, ne doit être entendu sur les faits qu'au début de la deuxième semaine d'audience. Aux policiers, l'accusé avait raconté s'être rendu chez les Troadec dans la nuit du 16 au 17 février pour chercher "des informations" sur le différend qui les oppose. Se disant assailli par la famille dès son entrée dans le garage, il avait affirmé les avoir tués l'un après l'autre, à coups de pied de biche, pour se défendre.

Il avait aussi raconté avec force détails avoir travaillé "comme un forcené" pendant deux jours et demi, dans un hangar de sa ferme dans le Finistère, pour dépecer minutieusement les corps au couteau de cuisine. Les muscles et les viscères avaient été jetés dans les ronciers, dans l'espoir qu'ils soient mangés par des animaux sauvages. Les os, la peau et le gras étaient incinérés dans la chaudière et les crânes brûlés puis enfouis sur une plage pour que la marée les emporte.

"Hubert Caouissin a toujours accepté de répondre aux questions des enquêteurs (...) Il y a répondu de manière extrêmement précise, extrêmement détaillée, quelques fois en donnant des éléments qui n'étaient pas en sa faveur", admet Me Fillion.

"Délire chronique"

Après cette séquence éprouvante, la défense espère trouver quelque secours dans le témoignage des experts psychiatres, entendus en fin de deuxième semaine. Deux collèges d'experts ont en effet décrit le "délire chronique" de "type paranoïaque" et à "thématique persécutive" dont souffrait l'accusé au moment des faits. 

Le trésor de lingots d'or prétendument volé par Pascal Troadec, et censé être le mobile des crimes, n'a ainsi sans doute jamais existé, selon les juges d'instruction. "Une fable", "un argument qu'il a essayé d'utiliser au maximum", selon Me de Oliveira. "A l’époque des faits, il n’est plus dans la réalité", objecte Me Fillion.

Si la cour estimait que son discernement était altéré au moment des crimes, Hubert Caouissin, qui est écroué depuis mars 2017, pourrait échapper à la réclusion à perpétuité. Le verdict est attendu le 8 ou le 9 juillet.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP