Conseil Européen : la France en position d’accusée

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Conseil européen ce jeudi soir à Bruxelles et, selon Vincent Hervouët, c’est "le sommet des éclopés".

Mais des éclopés triomphants. C’est un vrai concours de survivants. Dans le tiercé de tête, Theresa May. Elle a failli être répudiée hier soir. Toute la semaine, elle s’est fait lyncher. Lundi par les députés outragés qu’elle renonce in extremis à leur faire voter l’accord sur le Brexit. Ils ne l’auraient pas voté mais justement, ils sont frustrés qu’elle ait échappé à cette humiliation. Mardi, elle a couru en vain le continent pour retoucher l’accord maudit. La Presse s’est moquée en disant qu’elle s’était enfuie. Berlin, Bruxelles, La Haye lui ont claqué la porte au nez. Elle n’a même pas sonné à l’Elysée. Hier enfin, c’est en jurant de prendre bientôt sa retraite qu’elle a obtenu un ultime sursis. Chapeau l’artiste ! Ce soir, elle fera une apparition au Conseil, cela tombe bien, c’est un premier ministre fantôme. Elle ne fera jamais voter son Brexit. On peut croire au Père Noel. Pas à Mère Theresa May.

 

 

Au sommet des éclopés, le plus tonitruant est l’Italien. La Commission avait rejeté son projet de budget pour 2019 et sorti la boite à claques. Hier soir, Rome a ramené ses prévisions de déficit de 2,4% à 2,04%. Applaudissement général. On salue surtout les ministres Salvini et Di Maio qui dénoncent depuis lundi les cadeaux faits par Emmanuel Macron aux gilets jaunes et s’indignent que la France fasse moins scandale que l’Italie. Cet opportunisme a payé. L’Italie va pouvoir creuser sa dette. Bruxelles regarde ailleurs.

 

Enfin, la France. Championne des invalides. Elle est ce soir l’Homme malade de l’Europe.

La colère des gilets jaunes a choqué nos voisins, notamment les Allemands.

La consigne est de sauver le soldat Macron. Il peut bien lâcher un pognon de dingues, il faut calmer le jeu.
Le déficit est annoncé à 3,4%. Paris prétend que c’est le prix à payer pour que les réformes continuent. C’est de la dialectique, c’est habile.
La vérité crue, c’est que la confiance est atteinte. Le président qui voulait refonder l’Europe mettait en avant ses comptes exemplaires. Cela n’a pas suffi à convaincre Angela Merkel. Désormais, c’est trop tard.
En 2019, il y a aura une nouvelle Commission, un nouveau parlement et une Europe réduite à 27. Mais on ne voit pas qui pourra sauver le projet européen de la langueur dans laquelle il s’enfonce.