L'île de Taitihou agrémenté d'un verre de cidre : les trésors du Cotentin

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© Europe 1
En balade ce week-end est une chronique de l'émission Europe Matin - Week-end - 6h-9h
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Chaque dimanche, Vanessa Zha et Marion Sauveur nous emmènent en week-end gourmand et livrent leurs adresses coups de cœur. 

Ce dimanche, on prend virtuellement la direction du Cotentin. Et avec vous Vanessa, on se pose en face de Saint-Vaast-la-Hougue, sur l’ile de Tatihou.

Et pour que vous ayez la sensation d’être une mouette, on part la survoler en drone. Pour cela, on se connecte sur encotentin.fr. Et là on prend son envol. Cette petite île est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO à cause de sa tour Vauban.

Mais c’est surtout un petit paradis de nature, totalement préservée. Elle abrite une réserve ornithologique (150 espèces), un jardin Botanique, et 70 brebis qui vivent en plein air d’avril a novembre. Les gardiens des lieux, des fermiers, vous proposent de les rejoindre pour la journée en prenant le bateau à l’aller, et de rentrer à pied (ou l’inverse en fonction de la marée). Vous pouvez aussi dormir sur place, en pension complète, avec les produits de la ferme.

Cette ferme est particulièrement chouette pour les enfants, c’est une petite arche de Noé. En plus des 70 brebis, il y aussi deux brebis d’Ouessant, qui servaient au départ à l’entretien du jardin (de vraies tondeuses), des chèvres, des chevaux (des Cob normands), un âne normand, des poules, des canards… C’est la bonne bouffée d’air pur dont on a envie pour cet après confinement. 

Et sur la côte, qu’est ce que vous nous suggérez ? 

Côté villages, on ne peut pas passer à coté de Barfleur, qui était au Moyen-âge le port principal du royaume anglo-normand. Saint-Vaast-la-Hougue, qui a été élu "Village préféré des Français" en 2019, le fort Vauban et la chapelle des marins valent vraiment le détour. 

Côté jardins, dans la vallée des Moulins, à Saint-Germain-des-Vaux, vous allez pouvoir flâner dans un jardin remarquable, réalisé en hommage à Jacques Prévert (qui avait une maison à Omonville-la-Petite). Tous les arbres ont été choisis et plantés par sa femme et ses amis : Yves Montand, Juliette Gréco, Picasso… C'est un endroit qui a une âme. 

Et pour finir je vous conseille, à La Hague, d’emprunter le sentier du contrebandier, et de faire surtout la descente dans les fameuses grottes, dans lesquelles ils cachaient leur butin, en visites accompagnées. 

Marion Sauveur, on s’intéresse aujourd’hui à quelle spécialité du Cotentin ? 

Une fois n’est pas coutume, une boisson typique de Normandie. C’est le cidre, puisque le Cidre Cotentin est une appellation d’origine protégée. Et en mai, on commence la dégustation, mise en bouteille deux mois plus tôt. 

Le cidre existe depuis l’Antiquité. A l’époque, on l’appelait “vin de pommes” et il était obtenu en mélangeant des pommes et du miel dans de l’eau bouillante. En France, il serait arrivé au XIe siècle (il y a débat entre le Pays Basque et la Normandie). Une chose est sûre : au Moyen-âge, la culture des pommiers se développe dans les régions où le vin n’est pas de bonne qualité à cause du climat. Et le cidre devient même au XVIe siècle une boisson plus populaire que le vin. 

Dans le Cotentin, la boisson se serait développée à partir du XIIIe siècle. Et en 1589, Julien le Paulmier dans son “Traité du vin et du cidre” écrit : “les cidres que l’on produit en Cotentin sont les meilleurs cidres de la province de Normandie”. 

Qu’est-ce qu’il a de particulier ce cidre Cotentin ? 

C’est un cidre réalisé à partir de 60% de pommes amères dont on extrait le jus, ce qui donne une boisson avec une jolie couleur jaune paille et de fines bulles. Il faut savoir que 98% des cidres vendus aujourd’hui sont gazéifiés artificiellement, alors que le cidre Cotentin ne l’est pas. La mousse naturelle va se développer en bouteille, pendant deux mois minimum.

On le cuisine le cidre ? 

Oui bien sûr. Vous pouvez notamment réaliser un sauté de veau, en faisant d’abord dorer la viande avec un oignon, mais aussi du thym et du romarin. Et lorsque la viande est bien dorée, c’est là qu’on va la mouiller avec le cidre. On la recouvre, et on la laisse mijoter une quarantaine de minutes. Pour les plus gourmands, en fin de cuisson, vous pouvez ajouter un peu de crème (on est en Normandie). Vous verrez, le cidre, ça apporte un goût différent du traditionnel bouillon. Cela va apporter une petite amertume au plat. 

Avec le cidre, on peut même réaliser des cocktails pour nos apéritifs vidéos. Pour changer des traditionnels kirs bretons, ajoutez au cidre du sirop d’orgeat et des feuilles de menthe fraîche. Vous serez surpris. 

Marion, où est-ce que l'on peut boire du cidre dans le Cotentin ?  

Chez les producteurs bien sûr. A Cherbourg, je vous conseille le bar Beerz, qui propose des dégustations de cidres normands et bien sûr de cidres du Cotentin. Et toujours à Cherbourg, le restaurant gastronomique Le Pily, où le chef Pierre Marion propose des accords mets-cidres. 

Un hébergement pour le déconfinement ? 

Sur le sentier des douaniers (GR223) à Urville Nacqueville : le Landemer, face à la mer. C’est une institution. Prevert et Edith Piaf adoraient y descendre.