A la découverte des Landes : la forêt landaise et les Crouchepettes

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En balade ce week-end est une chronique de l'émission Europe Matin - Week-end - 6h-9h
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Tous les samedis et dimanches, Vanessa Zhâ et Marion Sauveur nous font découvrir quelques pépites du patrimoine français. Aujourd'hui, direction le Sud-ouest du pays, pour une balade dans le département des Landes, le plus boisé de France.

Aujourd’hui, on part en escapade dans les Landes, mais pas à la découverte des célèbres stations balnéaires. 

Non, nous rentrons un peu plus dans les terres, même si on ne reste pas loin du littoral. On va quand même aller du coté de Biscarrosse , Capbreton, Hossegor. Mais notre porte d’entrée, c’est la forêt landaise. Ces forets de pins recouvrent quand même près de 70 % du département, ce qui en fait le département le plus boisé de France. 

Il y a différentes manières de la parcourir, mais moi je trouve que le vélo électrique, c’est le top. On n’est pas sur les rotules en fin de journée et c’est accessible à tout le monde. Je vous ai déniché une belle rando aux alentours de Capbreton avec des passionnés, Sebastien et Severine, qui ont monté Rando'Adventures. Ils vous emmènent, entre autres, rouler en single, sur des chemins qui ont la largeur du guidon, en pleine forêt pendant trois heures.

Vous allez voir, ce n’est pas monotone. Au bout d’une heure, vous faites votre première pose sur un tuc. "C'est un sommet qui est est très imposant", explique Séverine. "Il vous permet d'accéder au dessus de la forêt landaise. Il offre une vue à 360° qui permet d'observer, les Pyrénées, de l'autre le marias d'Orx, les forêts landaises et l'océan."

Et de ce tuc, après avoir pique-niquer avec un bon petit verre face au coucher du soleil et équiper vélos et casques de lumières, vous replongez dans la forêt, mais pour pédaler cette fois-ci en nocturne. Et là, c est une autre expérience. "Les acuités visuelles et sensorielles vont être démultipliées", raconte Séverine. "Toutes les sensations sont décuplées. On perd nos repères habituels de la journée. De nuit, on va pouvoir entendre les chouettes, les hiboux, parfois croiser des chevreuils, des lapins, des chevaux...Tout ça au coeur de la forêt landaise."

Ça change, et pendant les vacances en ce moment, ça marche.

Avec des enfants, c’est aussi possible ? 

Dès 8/9 ans, ils ont une flotte de vélos à assistance électrique junior. Et puis pour eux, c’est doublement intéressant, parce que Séverine et Sébastien ont une approche très pédagogique et responsable en ce qui concerne l’environnement, la topologie aussi des Landes, des forêts évidemment mais aussi des dunes, des marais.... 

Severine nous parlait d’ailleurs du marais d’Orx. C’est à faire d’ailleurs. C’est une réserve naturelle, le paradis des oiseaux. Vous avez 800 hectares de marais pour observer la faune et la flore dans des conditions assez idéales, puisque il y a des sentiers autour des marais. Depuis des passerelles en bois, vous pouvez admirer par exemple une spatule blanche, un oiseau assez rare, qui est devenu l’emblème du site. 

Et puis il y a aussi des lacs Vanessa : le lac d’Hossegor, le lac de Biscarosse. 

Le lac de Biscarrosse-Parentis, où est née une très belle histoire, celle de l’hydraviation. L’hydravion, c’est Français ! Le premier vol a été réalisé en 1910 par Fabre. Et 20 ans plus tard, c’est une base d’hydraviation qui a été construite. Alors pourquoi ? C’était le point idéal : le lac était grand, protégé des vents par la dune, pas très loin de Toulouse, tout près de l’Atlantique. Et dernier élément important, l’eau était douce donc ça attaquait moins les matériaux. 

Il existe aujourd’hui un Musée de l’hydraviation pour vous plonger dans cette aventure, avec des pilots comme Saint Exupery, Mermoz. Et vous apprendrez que de Biscarosse, on pouvait aller directement aux Antilles. Il y avait une ligne qui reliait Bisca’ à Fort-de-France dans les années 40.

Des adresses d’hotels ? 

L’Hôtel du golf qui va rouvrir. Au cœur de la forêt landaise, entouré de pins lièges, il surplombe donc le golf. Ce sera le premier Relais et Châteaux au cœur d’un golf. Et puis, pour un budget raisonnable : la Maison du courant, une maison sur la dune à Contis. Trois chambres entre les dunes et la forêt, un petit coin de rêverie.

Marion, de quelle spécialité des Landes allez-vous nous parler ? 

D'une gourmandise que l'on trouve uniquement au sud de la rivière Adour, dans la Chalosse (c'est comme ça que l'on appelle cette région) : ce sont des Crouchepettes. Certains les appellent aussi caoussets ou beignets de carnaval.

Et oui, c'est Mardi gras mardi prochain, et comme partout en France, chaque région à son beignet de carnaval. Mardi gras, c'est un jour important dans la tradition chrétienne : c’est le dernier jour avant le carême, le jour où on écoule tout le gras qu'on a dans ses placards avant les 40 jours de jeûne et Pâques. Toutes les graisses, le beurre, huile, les oeufs et la farine devait être utiliser et c'est comme ça que sont nés ces beignets de carnaval.

Ça ressemble à quoi ?

Ça n'a rien à voir avec les beignets de plage fourrés à la pâte à tartiner ou à la confiture. Ce sont de gros beignets, gros comme le point, croustillants et très légers s'ils sont bien faits. Si vous connaissez les pets de nonne, que l’on mange dans l’Est de la France, ce sont les mêmes types de beignets mais beaucoup plus gros. 

Et la recette, je l'ai demandé à François Larrezet, qui comme son frère, est pâtissier de père en fils. “Le beignet de carnaval est un dérivé de pâte à choux : c'est de l'eau, du sel, du beurre qu'on amène à ébullition. On y rajoute de la farine, on dessèche bien la pâte. On rajoute petit à petit des oeufs et des parfums. On se sert d'une cuillère à soupe pour former une boule de pâte et on met cette boule dans la friture petit à petit. Elle va gonfler, on la fait tourner dans l'huile jusqu’à ce qu'elle soit bien dorée. Et là, on l'a retire, on laisse égoutter le surplus de friture qu’il y aurait, de façon après à les sucrer avec du sucre glace.”

C’est une recette de famille, agrémentée de rhum et de zestes de citron. Mais certains ajoutent de la fleur d’oranger ou des zestes d’orange. Chaque famille a sa propre recette. D’ailleurs, les anciens cuisent les beignets dans de la graisse de canard. Mais ça donne un goût très particulier.

C’est facile à faire ?

Ce n'est pas compliqué. L’important, c’est de mettre les œufs un à un dans la pâte, sinon elle ne gonflera pas à la cuisson. Et dans la friture, il faut juste un peu de patience. Cela peut prendre 10-15 minutes. Il faut que l’huile ne soit pas trop chaude, juste à 175 degrés. Et vous aurez des beignets bien gonflés, plus qu’à les rouler dans le sucre ! 

 

Ingrédients :

  • 1 bol de farine
  • 1 bol d'eau
  • 75 g de beurre
  • 1 pincée de sel
  • 6 oeufs selon grosseur
  • 1/2 bol de rhum

Réalisation :

1. Faire bouillir l'eau avec le sel, le sucre, le beurre. Quand l’eau bout, enlever du feu et verser en une fois la farine. Tourner vigoureusement pour obtenir une pâte sans grumeaux. Parfum.

2. Remettre sur feu doux pour faire dessécher pendant au moins 10 minutes tout en tournant, jusqu’à ce que la pâte se détache du fond (comme une pâte à choux).

3. Laisser tiédir et incorporer un à un les œufs. Chaque œuf doit être bien assimilé avant de mettre le suivant. C’est la technique pour réussir les beignets. La pâte doit être lisse.

4. Pour la cuisson : friture 175 degrés. Former une boule avec une cuillère. Les glisser dans la friture chaude et les laisser cuire. tourner sur eux-même et gonfler. Quand ils sont dorés, c'est prêt. C’est long, au moins 10 minutes.

5. Les égoutter, puis les rouler dans du sucre.

Où en trouver ?

Des beignets bien aérés, moelleux à l’intérieur, croquants à l’extérieur :

  • Pâtisserie Larrezet : jusque début mars, à Saint-Sever et Hagetmau

 

  • Chez Marie sur les marchés de Chalosse : Anne-Marie Maulon et son mari réalisent de très bons beignets.

Ils proposent aussi une autre gourmandise que l’on mange dans la région à Mardi-gras : les merveilles. On les connaît à Lyon sous le nom de bugnes ou encore d’oreillettes en Provence. C’est une pâte fine, frite là aussi, et sucrée également. Les Landais en mangent à Mardi-gras, mais pas seulement : lors de toutes les fêtes de famille, aux baptêmes par exemple. On en trouve chez certains pâtissiers toute l’année. Et c’est devenu maintenant le goûter du dimanche, comme en région parisienne on achèterait un sachet de chouquettes, on achète dans les Landes une "poche" de merveilles.

 

Ingrédients :

 

  • 2 œufs
  • 250 g de farine
  • 70 g de beurre
  • 1 pincée de sel
  • 50 g de sucre glace
  • 1 cuillère à soupe de sucre vanillé
  • parfum au choix : rhum, fleur d’oranger, eau de rose, zestes de citron,...
  • de l'huile pour friture

Réalisation :  

1. Mélangez la farine et le sucre vanillé. Ajoutez le beurre fondu. Mélangez avec les œufs battus et le sel jusqu’à obtenir une pâte homogène. En fonction de vos goûts ajoutez un parfum. Et laissez reposer la pâte. 

2. Etalez-la sur un plan de travail fariné. Il faut qu’elle soit très fine. Avec une roulette à pâtisserie, découpez des lanières de pâte. 

3. Montez l’huile à 175 degrés et dorez les merveilles. Egouttez-les sur du papier absorbant. N’oubliez pas de les saupoudrer de sucre glace.