A la découverte de Paris : l'hôtel Paradiso et la baguette

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© Europe 1
En balade ce week-end est une chronique de l'émission Europe Matin - Week-end - 6h-9h
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Tous les samedis et dimanches, Vanessa Zhâ et Marion Sauveur nous font découvrir quelques pépites du patrimoine français. Aujourd'hui, on reste à Paris pour découvrir la capitale, où un hôtel pas comme les autres vient d'ouvrir dans le 12e arrondissement. L'occasion également de déguster l'une des spécialités de Paris, la baguette de tradition. 

Ce matin, on part en balade à Paris Vanessa. Vous nous faites découvrir un lieu qui vient juste d’ouvrir et qui est à lui seul une destination de week-end. 

Si je vous dis que ce lieu, on pourrait le résumer au chiffre sept. Sept comme le 7e art (le cinéma), comme le 7e ciel et comme les sept étages d’un immeuble. On part rêver dans le premier hôtel-cinéma. Il vient juste d’ouvrir dans le 12e arrondissement, boulevard Diderot, au-dessus d’un cinéma centenaire que vous connaissez aujourd’hui sous le nom de MK2 Nation. C’est l’Hôtel Paradiso, le nouveau bébé des frères Karmitz, Nathanael et Elisha. 

Mais ça veut dire quoi hôtel-cinéma ?

Et bien que votre chambre devient une salle de cinéma privée. Vous vous allongez sur votre lit, vous vous lovez dans les coussins, vous prenez une tablette, le cerveau de la chambre, entre vos mains. Vous appuyez et là, c’est parti : la fenêtre se métamorphose en un écran de projection de trois mètres de large. Vous êtes dans le noir complet. Et vous n’avez plus qu’à choisir parmi une multitude de plateformes VOD, et de thématiques.

Et ça va même plus loin : il existe deux suites, dans lesquelles c’est la salle de cinéma qui devient votre chambre. C’est une première mondiale. Nathanael Karmitz lève le rideau pour nous : "Vous rentrez dans une très belle pièce, avec Charlie Chaplin qui vous regarde. Ce n'est pas un simple salon, c'est votre salle de cinéma privée. Ici, vous êtes officiellement dans la 7e salle du MK2 Nation. Et elle a un petit truc en plus, par rapport aux autres chambres de l'hôtel : c'est ce très gros projecteur qui est le même que celui que vous avez dans les salles de cinéma. Grâce à ça, vous êtes directement dans le serveur du cinéma. Dès que les salles obscures rouvriront, le jour où le film sort (et tous ceux des trois derniers mois), vous l'avez directement dans votre chambre. C'est votre vrai salle de cinéma privée dans votre chambre."

Et ça depuis votre lit ou votre canapé ?

Alors, le fameux Charlie Chaplin qui vous regarde, c’est tout simplement l’œuvre monumentale de JR sur le mur de la cour. Quand je vous disais que c’était une destination. Le cinéma devient un véritable art de vivre : grâce à l’architecture, la décoration, les photos, les affiches de Flore Maquin toutes signées par des grands noms.

Et cette immersion dans l’univers du cinéma, vous la retrouvez dans les moindres détails : le pop corn bio, ou le téléphone vintage, qui vous demande de composer le 007 pour joindre la réception. Sans oublier d’autres espaces comme une loge de cinéma privatisable, un café-restaurant-terrasse. Et puis, au 7e étage, ça : "Bienvenue sur ce rooftop, avec une vue rare finalement pour les Parisiens sur toute la capitale. On voit jusqu'à la Défense, Beaubourg, la BNF, jusqu'au Palais de justice au fin fond du 17e arrondissement. Et, entre ces deux grands arbres, un grand écran de 4 mètres 50. Il vous suffira de vous installer sous le chêne juste là, un cocktail à la main, et vers 22h, au moment où la Tour Eiffel se met à scintiller, votre film démarre."

On a hâte d’être déconfiné pour être sous le chêne, avec une programmation MK2. En revanche le cinéma nous attend déjà dans les chambres ! En couple, entre amis et en famille. Hôtel Paradiso, chambre à partir de 100 euros. 

Marion Sauveur de quelle spécialité gourmande allez-vous nous parler ?

D'un emblème de la gastronomie française, en route pour être sacré au patrimoine immatériel de l'UNESCO, c'est la baguette. Ce pain, allongé avec beaucoup de croûte et de mie, bien doré, de 250 grammes (et pas un de plus ou de moins), et dont le quignon ne résiste pas entre la boulangerie et chez moi.  

On ne sait pas vraiment comment est née cette baguette. On raconte qu’elle a pu être créée par les boulangers de Napoléon pour être plus légère et plus facile à transporter que les miches dans les poches des soldats. On dit aussi que c’est un boulanger viennois, installé à Paris, qui a lancé ce pain long, retravaillé par les boulangers parisiens par la suite. 

Mais d’après le spécialiste du pain Steven Kaplan, ce serait en réalité “une évolution de la demande urbaine. Les gens aisés en ville avaient besoin d’un pain frais plusieurs fois par jour. Et ils aimaient davantage la croûte que la mie.” Une chose est sûre, la baguette est née à Paris et elle s'est diffusée ensuite dans les villes d'abord avant de conquérir les campagnes. 

Il existe deux types de baguettes : la baguette ordinaire et la baguette de tradition.  

Oui, un décret réglemente la composition de la baguette de tradition. Elle ne doit contenir que de la farine de blé, de l’eau, du sel et de la levure ou du levain. Elle doit aussi être fabriquée sur place et pas congelée. Alors que pour une baguette ordinaire le boulanger est plus libre. Elle peut contenir des additifs.  

Fabriquer une bonne baguette, ça prend du temps. Comme nous l'explique le boulanger parisien Arnaud Delmontel, qui ne vend que des baguettes de tradition dans ses cinq boulangeries. “Il faut deux heures juste pour faire la pâte entre les différentes phases de pétrissage et ensuite vous avez 24 h minimum de fermentation. C'est ce qui donne ce bon goût au pain. Au bout de 24h, vous avez une belle pâte, vous allez la détailler, la façonner, la laisser se reposer et vous allez la cuire. Et vous la sortez donc bien dorée pour que ça croustille. Quand on va la couper, on va voir à l'intérieur une mie assez crème, pas blanche, avec un bel alvéolage. Et ça sent très bon. Donc une belle baguette doit être bien cuite avec une belle croûte dorée croustillante et une mie moelleuse à l'intérieur." 

La baguette n'est pas un pain de conservation. L'idéal, c'est de la manger dans la demi-journée pour conserver toutes ses saveurs.  

Et comment on la cuisine ?  

On se balade à Paris aujourd’hui. Je pourrai vous parler d’un classique sandwich jambon-beurre, avec un bon jambon parisien (comme le Prince de Paris). Mais je suis gourmande : je vous propose de réaliser du pain perdu. Et ça a un avantage : ça permet d'utiliser les restes de baguette de la veille. Parfait pour le petit-déjeuner ou le goûter !  

Ingrédients 

  • 6 tranches de pain 
  • 2 oeufs
  • 15 cl de lait entier
  • 50g de sucre + 2 cuillères à soupe pour la caramélisation
  • 15g de beurre demi-sel
  • 1 gousse de vanille ( ou fleur d’oranger, zestes citron / orange, miel…)

Réalisation :

1. Une heure avant : couper la gousse de vanille en deux et récupérer les grains. Et faire infuser la vanille (et la gousse) dans le lait.

2. Battre les œufs avec le sucre et le lait vanillé. 

3. Couper le pain dans la longueur et faire des toasts. Tremper chaque morceau dans le mélange oeuf-lait-sucre jusqu’à ce qu’il soit bien imbibé. C'est l'astuce pour qu'il soit bien moelleux. 

4. Dans votre poêle, faire fondre un peu de beurre, avant d’ajouter vos tranches de pain. Saisir d’un côté, à feu moyen. Ajouter une nouvelle noix de beurre pour saisir l’autre côté. Ajouter un peu de sucre en fin de cuisson pour que ça caramélise. 

Astuce : J'ajoute de la vanille. Mais vous pouvez aromatiser à la fleur d'oranger, ajouter des zestes de citron ou d'orange ou une épice comme de la cannelle. 

 Vous pouvez bien entendu réaliser cette recette avec du pain de campagne ou de la brioche, c’est encore plus gourmand.  

Des adresses pour manger du pain perdu ?  

Le pain de mie japonais est bien moelleux et très gourmand. Découpé, pour que ce soit plus facile à manger.  

En forme de gros cube, recouvert de sucre caramélisé, tout moelleux, à savourer tel quel ou à réchauffer. 

Il décline le pain perdu en version sucrée et salée, dont un morceau de brioche grillé, très aérien, recouvert de caramel (à partir de 4,90 euros).  

Considérés comme les meilleurs pains perdus de Paris : mon préféré est celui “comme un Baklava”, caramélisée au miel et à la fleur d’oranger avec des noix, pistaches et amandes émiettées et un peu de cannelle. (13,50 euros)