Roland-Garros : le forfait de Naomi Osaka pose la question de la santé mentale des joueurs

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 6h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mardi, Virginie Phulpin s'intéresse à la décision de Naomi Osaka de déclarer forfait et de quitter le tournoi de Roland-Garros. Selon elle, cela pose la question de la santé mentale des joueurs.

Naomi Osaka forfait pour la suite de Roland-Garros La Japonaise préfère se retirer carrément après avoir d’abord choisi de ne pas assister aux conférences de presse. Elle évoque une dépression. Pour Virginie Phulpin, ce changement de ton de la joueuse doit nous pousser à l’écouter.  

Naomi Osaka ne va pas bien. Elle le dit, elle souffre d’épisodes dépressifs réguliers depuis 2018 et sa première victoire à l’US Open. Ça n’était pas facile de le comprendre la semaine dernière, quand la Japonaise a laconiquement annoncé qu’elle ne répondrait pas aux questions des journalistes. Oui, elle évoquait la santé mentale, mais elle parlait aussi de son ras-le-bol des questions inutiles. D’ailleurs elle s’est retrouvée bien seule dans son combat parmi les joueurs. Et même quand le directeur de Roland-Garros a essayé de lui parler, elle a préféré tourner la tête.

Tout ça paraissait très agressif, et montrer une volonté de maîtriser entièrement sa communication. Il y a une part de ça, mais le texte qu’elle a publié ce lundi dévoile bien autre chose. Naomi Osaka ne va pas bien. On le comprend mieux quand les mots sont dits ou écrits qu’en s’enfermant dans un silence qui peut être jugé très agressif. La joueuse s’est trompée de méthode. D’accord, pas de problème, ça peut arriver. Maintenant, écoutons ce qu’elle a vraiment à dire.  

Elle met en lumière la question de la santé mentale des joueurs.  

Naomi Osaka met le doigt sur quelque chose de beaucoup plus profond que les simples conférences de presse. Le mal-être que peuvent ressentir les joueuses et les joueurs, jusqu’à la dépression, ça c’est le fond du problème, et la Japonaise a raison d’attirer notre attention là-dessus. Naomi Osaka n’est pas la seule dans ce cas, mais c’est un problème que notre société entière choisit souvent de taire, parce qu’on n’a pas envie de voir les failles mentales des sportifs. Ça ne correspond pas à l’image de gladiateurs insubmersibles qu’on veut les voir endosser. Or on parle de jeunes femmes et de jeunes hommes, parfois à peine sortis de l’adolescence, et projetés sous les projecteurs.

Naomi Osaka n’avait que 20 ans quand elle a gagné son premier titre du grand chelem. Et d’un seul coup, elle s’est retrouvée soumise à de multiples sollicitations. Médiatiques, oui, mais aussi de la part des sponsors et de tout le monde du tennis. Ca peut être très difficile à digérer. Alors ils se forcent, certains passent le cap sans problème, mais d’autres ont plus de mal. Et ça ne sert à rien de balayer tout ça d’un revers de la main en disant qu’ils gagnent beaucoup d’argent. Ça change quoi ?

Naomi Osaka a été très maladroite au départ, ça arrive, on ne va pas y passer la quinzaine. Mais ce qui est important c’est le problème plus large qu’elle soulève. Et là, c’est essentiel que le monde du tennis se penche sérieusement sur la question.