Coupe de France : les conditions de participation des clubs amateurs sont une aberration

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mardi, Virginie Phulpin revient sur le sixième tour de la Coupe de France qui aura lieu le week-end prochain. Selon elle, c'est une aberration que les clubs amateurs ne puissent pas s'entrainer pour cette compétition.

Le sixième tour de la Coupe de France de football doit se jouer le week-end prochain pour les clubs amateurs. Le problème c’est qu’ils ne peuvent pas s’entraîner, ils n’ont pas obtenu de dérogation horaire au couvre-feu. Pour Virginie Phulpin, cette Coupe de France est devenue un simulacre de compétition. 

On a sauvé les apparences de la Coupe de France, mais on ne donne pas les moyens aux clubs amateurs de la disputer. Donc ça n’est plus vraiment la Coupe. À la base, sauver cette compétition, on ne demande pas mieux. C’est un socle dans notre pays, on en a déjà parlé. Le seul moment où les mondes professionnel et amateur peuvent se croiser. Et le sport amateur a besoin de cette éclaircie en ce moment.

Mais pour ça, il faudrait que les clubs puissent se préparer pour jouer leurs matches. Et là, aucune dérogation horaire ne leur a été accordée. C’est à dire que couvre-feu oblige, les équipes encore qualifiées ne peuvent pas s’entraîner après 18h. Or, comme leur nom l’indique, les amateurs ne sont pas des professionnels du foot. Ils ne peuvent pas s’entraîner en journée, ils ont un boulot par ailleurs. Donc c’est un non-sens de leur permettre de jouer la Coupe sans leur en donner les moyens. Surtout qu’ils n’ont pas disputé de matches de championnat depuis le mois d’octobre. Autant dire qu’ils ont besoin de s’entraîner, ne serait-ce que pour éviter les multiples blessures.

Alors certains ont trouvé des solutions, comme de programmer les entraînements à 6h30 le matin. En janvier, ça pique ! Et puis il y a le FC Flers, un club de Régionale 1, qui a tout simplement décidé de jeter l’éponge. Il devait affronter Rouen, où beaucoup de joueurs ont des contrats fédéraux, donc eux peuvent s’entraîner. Virginie Phulpin comprend que les petits poucets n’aient pas forcément envie de servir de chair à canon pour les pros. Parce que ça revient à peu près à ça.  

Du coup, il faut l’annuler, cette Coupe de France ?  

Non, le problème c’est de faire les choses à moitié. Ca ne sert à rien. Il faut choisir clairement. Soit on maintient la Coupe, ce qui me semble important, et on permet aux clubs amateurs d’avoir des dérogations horaires. C’est ce que deux députés ont demandé à la ministre des sports d’ailleurs. Soit on considère que la situation sanitaire ne le permet pas, ce que l’on veut bien comprendre, surtout quand on est au bord d’un troisième confinement, mais dans ce cas là il faut l’assumer, et expliquer qu’il ne peut pas y avoir de Coupe de France cette année.

Là, on fait juste semblant d’être dans une situation normale pour préserver les apparences. Pourquoi ? Pour que le président de la fédération française de football, Noël Le Graët, candidat à sa propre succession, puisse se targuer d’avoir sauvé la compétition chérie des Français ? Non, dans l’état actuel des choses, la Coupe de France n’est pas sauvée. C’est une autre compétition. Il faudrait lui trouver un autre nom : la Coupe de France des pros ou la Coupe de la Ligue.