Direction de la République en marche : les coulisses d'une bataille interne

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L'édito politique est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

Un remaniement en cache toujours un autre. Cette fois, les grandes manœuvres concernent La République en marche, le mouvement présidentiel.

C’est la conséquence de son arrivée place Beauvau, Christophe Castaner va quitter la tête du parti présidentiel. Pas de "en même temps" cette fois-ci, le ministre de l’Intérieur doit redécouper les circonscriptions et ne peut diriger le parti majoritaire.

Cette raison officielle en masque une autre : LREM doit être restructurée, le mouvement n’est pas prêt pour les élections futures.
Selon plusieurs sources, Emmanuel Macron est favorable à l’installation d’un tandem pour rendre le parti plus efficace.
En préparant le remaniement, il en parle à Marlène Schiappa, secrétaire d’État en charge de l’Égalité et à Stéphane Travert, désormais ex ministre de l’Agriculture.
À ce stade, dans son entourage, on admet que Marlène Schiappa s’interroge.
Elle entame une consultation avec les strates de LREM. On souligne toutefois qu’elle serait une candidate sérieuse, proche du président avec lequel elle échange chaque jour, dit-on. Elle dit porter l’ADN du mouvement. Elle a d’ailleurs adressé des notes à Emmanuel Macron à ce sujet. Marlène Schiappa considère que le parti manque de structuration.
Pour ce travail justement, Stéphane Travert (ancien socialiste frondeur, familier des appareils et marcheur de la première heure) pourrait être l’homme de la situation.
Lors du conseil des ministres, Emmanuel Macron a rendu un hommage appuyé et remarqué à Stéphane Travert pour sa fidélité et a précisé qu’il comptait sur lui pour la suite du mandat.
Ce dernier retrouvera son siège de député dans un mois et prendra ensuite une décision.

L’intention est donc de faire de La République en marche un parti comme les autres ?

On pourrait assister à une synthèse d’un genre nouveau, une association entre le projet macronien incarné par une Marlène Schiappa connue pour sa capacité à porter des sujets de contemporains, avec une méthode souvent en rupture avec les codes classiques et un connaisseur des organisations.
Mais avant cela, il faudra se faire accepter et adouber par les Marcheurs attachés à la promesse de démocratie. Les adhérents gardent un mauvais souvenir du simulacre de l’élection de Christophe Castaner à leur tête. Une période d’intérim devrait préparer la nouvelle étape.

Il faut dire qu’il y a urgence car nombre de ministres s’inquiètent régulièrement de l’absence de relais local pour la politique du gouvernement.
À partir de l’année prochaine, il y aura une élection tous les neuf mois jusqu’à l’élection présidentielle .

Lorsqu’il était ministre, Emmanuel Macron avait critiqué les parcours old school issus des partis. Il lui faut maintenant créer le macronisme territorial. Ce sera un alliage inédit entre les geeks et les apparatchiks.